Sit-in pour exiger la libération d’Aliou Bah : «Tant qu’on ne se donne pas la main, nous resterons vulnérables face à un même combat. » (Maï Kadidja Bah, UFDG)
Le paysage politique guinéen apparaît de plus en plus préoccupant. Entre disparitions inexpliquées et actes de kidnapping, l’inquiétude gagne du terrain. Cependant, un phénomène tout aussi alarmant est l’achat des consciences, touchant aussi bien des figures politiques que des activistes de la société civile censés défendre les causes collectives.
Lors du sit-in organisé par le parti MoDeL, ce samedi 11 janvier 2024, Maï Kadidja Bah, membre du bureau politique de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a pris la parole pour dénoncer cette dérive. Dans son intervention, elle a déclaré
« Je vois aujourd’hui beaucoup de jeunes qui se disent activistes, qui rêvent de gravir les sommets, mais qui se laissent corrompre pour des sommes dérisoires de 5 à 10 millions de francs. Si quelqu’un vous propose de telles sommes, battez-vous pour obtenir plus que ça. Oubliez l’intérêt personnel, pensez à l’intérêt général. »
Elle a également exhorté à une solidarité plus forte face aux injustices :
« Nos camarades Foniké Menguè et Bilo Bah ont été arrêtés, et nous nous sommes contentés de compter les jours sur les réseaux sociaux : jour 1, jour 2… Puis ce fut Marouane, ensuite Aliou Bah, et aujourd’hui, c’est le tour de mes collègues de l’UFDG. Demain, cela pourrait être moi ou le vice-président du MoDeL. Tant qu’on ne se donne pas la main, nous resterons vulnérables face à un même combat. »
Appelant à une action collective et déterminée, Maï Kadidja Bah a insisté sur l’urgence d’unir les forces contre le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), qui, selon elle, trahit ses promesses initiales
« Au lendemain du 5 septembre, le CNRD nous a promis que la justice serait la boussole. Mais où est cette boussole ? Qu’est-ce que le président Aliou Bah a fait pour mériter ça ? »
En conclusion, elle a invité les jeunes militants à conjuguer leurs efforts et à rompre avec la passivité
« Si nous continuons à agir de la même manière, nous compterons encore des morts en Guinée. Battons-nous pour mettre fin à cette victimisation. L’heure est à l’action ! »
À l’issue de cette mobilisation, la cellule de communication du parti MoDeL a annoncé une série de sit-in dans les jours à venir. Ces actions visent à exiger la libération sans condition d’Aliou Bah, jeune leader politique incarcéré.
Par Morikè Kaba, pour lerenifleur224.com