Procès du 28 septembre 2009 : maître Amadou DS Bah, demande à ce que les accusés soient retenus dans les liens de la culpabilité pour des faits de crime contre l’humanité

Les plaidoiries dans le procès des événements du 28 septembre se sont poursuivies ce mardi 14 mai 2024 au tribunal ad hoc de Dixinn, délocalisé à la Cour d’Appel de Conakry.

Devant le juge Tounkara, il revenait toujours aux avocats de la partie civile à travers maître Amadou DS Bah de plaider dans cette affaire.

« Monsieur le président, ces crimes sont impardonnables ! Comment peut-on pardonner ces crimes abjects sans reconnaissance de leurs auteurs ? Comment oublier ces souffrances qui continuent jusqu’à présent ? C’est impossible monsieur le président. Monsieur le président, les accusés méritent le châtiment. Même si aucun châtiment ne peut penser les plaies que cette répression a causées. Monsieur le président dans ce sillage, des enfants sont nés après la disparition de leur père, d’autres ne recouvriront plus jamais la santé, d’autres ne trouveront plus d’homme parce qu’elles sont porteuses de VIH. D’autres femmes ne pourront plus jamais avoir de rapports intimes avec leurs partenaires parce que les militaires après le viol on introduit des bois ou des couteaux, d’autres ne pourront plus enfanter. Comment peut-on pardonner de tels actes ? Nous disons que c’est impossible. Toutes ces souffrances ont été infligées par un régime qui voulait à tout prix conserver le pouvoir. Voilà ce qui nous a conduit à ce drame », a-t-il déclaré avant de renchérir.

« Depuis le massacre du stade, malheureusement est-ce que cela a servi de leçon ? Non ! C’est pourquoi à travers ce procès il faut mettre fin à ces violences d’État ! Cette violence doit s’arrêter. Il faut nécessairement mettre fin à la violence, même pas plus tard mais dès aujourd’hui. Monsieur le président ! L’Afrique vous regarde, le monde entier vous observe. Les victimes vous regardent, elles vous demandent de vous rappeler de leurs témoignages à la barre aussi pendant le huis clos. L’image de notre justice est en jeu et j’espère que vous redorerez son image à travers votre décision. Parce que monsieur le président ! Ce qui est important, si le crime contre l’humanité est retenu, tous les auteurs qui sont aujourd’hui en liberté, qui se cachent ou qui pensent qu’ils ne vont pas être retrouvés pourront être poursuivis demain et condamnés parce que les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles. Pour terminer monsieur le président, nous voulons vous dire que nous ne voulons pas la vengeance mais nous n’accepterons pas la complaisance. Au regard de tout ce qui précède, nous vous demandons de bien vouloir retenir les accusés dans les liens de la culpabilité de crime contre l’humanité pour les infractions commises au cours des événements du 28 septembre et les jours qui ont suivis », conclut cet avocat de la partie civile.

 

Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com