Procès du 28 septembre : réactions croisées des avocats sur la demande de réqualification des faits

À la suite de la demande de réqualification des faits hier lundi 04 Mars 2024 par le ministère public, qui estime que ces faits doivent plutôt être qualifiés de crimes contre l’humanité et autres formes de responsabilité pénale, les réactions ne tarissent pas au sein des différentes parties prenantes au procès des événements du 28 septembre 2009.

Pour les avocats de l’ancien chef de la junte militaire, Moussa Dadis Camara, cette demande dénote l’insuffisance des preuves initialement présentées contre leur client.

 

« Le fait que la requalification des faits soit demandée, cela montre à suffisance même pour les Guinéens qui n’ont pas étudié le droit, que les accusations portées contre notre client ne reposent sur aucun élément solide. C’est un point fondamental. Nous allons répondre, étant donné que ces réquisitions écrites nous ont été communiquées lors d’une audience. Nous aurions souhaité, de manière plus élégante, que le parquet nous notifie cette réquisition dans nos cabinets respectifs, avant même l’audience. Cela nous aurait peut-être donné le temps de la lire, de la comprendre et d’y répondre oralement. Cependant, le parquet ne l’a pas fait et a préféré attendre, violant ainsi les droits de la défense », a déploré Me Jean Baptiste Jokamey Haba.

De son côté la partie civile à travers Me Amadou DS Bah, estime qu’il est probable que le parquet cherche à élargir les accusations

étant donné que les crimes contre l’humanité englobent les actes commis indirectement par des responsables au sein de la chaîne de commandement.

« Si le parquet estime, à ce stade des débats, après avoir entendu la plupart des accusés et certaines parties civiles, qu’il est nécessaire de requalifier les faits, cela relève d’abord de la légalité, puis dépend de sa stratégie, étant donné que c’est lui qui mène l’accusation. Nous, en tant que partie accessoire dans ce procès, ne pouvons que soutenir le parquet dans cette démarche, car, l’objectif primordial, est la condamnation des accusés pour le massacre du 28 septembre », a-t-il conclu.

 

Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com