Journée internationale de la radio en Guinée : << la radio peut-être un média complémentaire mais on ne peut pas éradiquer les radiodiffusions>> Aboubacar Camara

À une époque marquée par la vitesse vertigineuse de l’innovation technologique et l’obsolescence rapide d’une nouvelle plate-forme brillante, la radio entame son deuxième siècle de service en tant que l’une des formes de média, les plus fiables et les plus utilisées au monde. En Guinée, cette forme de média a vu jour au cours de la première république.
Aboubacar Camara, journaliste et fondateur d’une des premières écoles de journalisme, revient sur les débuts de cette forme de média.

« Ça date de longtemps. Depuis le temps colonial, il y avait une radio qui s’appelait la radio Banane qui est la première radio de Guinée. Elle date des années 20 ou 30. Donc la radio Banane faisait des communiqués adressés aux planteurs pour dire que tel bateau arrive tel jour. Du coup, les planteurs se conforment à ce programme pour venir au port. Cette radio était située à l’actuel commissariat de police qui se trouve en face de la Banque Islamique », a-t-il fait savoir.

Avec une seule radio à ses débuts, les hommes de médias d’antan se sont heurtés à d’énormes difficultés avant  d’obtenir l’autorisation pour la création de plusieurs médias sous la deuxième république. À en croire cet ancien journaliste.

« Il y avait des difficultés parce que quand les militaires sont venus, on est tombé directement dans la démocratie sans respecter les pré requis. Les journalistes n’étaient pas formés, il y avait pas d’écoles de journalisme. Et Lansana a lancé le pluralisme de l’information. Ils ont crée des journaux et procéder à la libéralisation des ondes. Des agréments étaient octroyés ça et là alors qu’on avait pas respecté les pré requis. Il n’y avait aucun centre de formation en journalisme à part la fondation Aboubacar », ajoute-t-il.

Afin de maintenir une place de choix au sein de la société, les défis restent énormes pour les médias. Cependant, Aboubacar Camara propose des directives.

« La radio peut être un média complémentaire mais on ne peut pas éradiquer les radiodiffusions. Et pour maintenir le cap et relever le défi, il faut d’abord identifier les obstacles. Après avoir identifier les problèmes, on essaye de trouver des solutions. Une radio doit d’abord avoir une autonomie éditoriale, une autonomie interactive et une autonomie financière. La radio, c’est les moyens », martèle Aboubacar Camara.

« Un siècle d’information, de divertissement et d’éducation, » ce thème de la journée mondiale de la radio en 2024 met en lumière, le passé remarquable, le présent pertinent et la promesse d’un avenir dynamique de la radio.



Nagnouma Sanoh, pour lerenifleur224.com