Maison Centrale : Réaction de Charles Wright après le laxisme des gardes pénitentiaires sur le port de téléphones des détenus

Après avoir quitté le pays le 14 octobre dernier pour des raisons sanitaires qui l’ont conduit en Allemagne, le garde des sceaux, ministre de la justice et des Droits de l’Homme a regagné Conakry dans l’après-midi de ce mardi 07 novembre 2023. Ce retour au bercail de Alphonse Charles Wright coïncide avec la situation très brûlante de la tentative d’évasion du capitaine Moussa Dadis Camara et ses codétenus radiés de l’armée guinéenne notamment les Colonels Moussa Thiègboro Camara, Blaise Goumou et Claude Pivi toujours en cavale.

Ces membres du CNDD qui ont pris le pouvoir au lendemain du décès de Lansana Conté en 2008 sont tous actuellement poursuivis dans le procès du massacre du 28 septembre 2009 qui avait causé la mort de plus de 150 personnes et le viol d’une centaine de femmes à Conakry.

Après sa descente d’avion, le garde des sceaux s’est directement dirigé vers la maison centrale de Conakry sans même passer chez lui. Ici, Alphonse Charles Wright était dans tous ses états en visitant cette maison pénitentiaire avant de déverser sa colère sur les gardes pénitentiaires.

« Qu’est-ce que je vous ai dit à propos des téléphones ? », interroge le ministre de la justice avec un ton martial.

Et, un garde pénitentiaire de répondre à voix basse : « vous nous avez dit de ne pas accepter les téléphones, de fouiller ».

Dans une grande inconvenance, Charles Wright reprend la parole et dénonce l’ingratitude des gardes pénitentiaires. Il leur a aussi annoncé la fin du « pacte de confiance » qui les liait jusque-là.

« C’est vous qui fouillez… Si on réussit à faire entrer des téléphones portables ici, alors c’est quoi votre raison d’être ? Vous voulez que moi je quitte mon bureau là-bas pour venir m’arrêter ici ? Pivi couché avec cinq téléphones portables. Avec un téléphone portable, je peux commanditer tout ce que je veux dans ce pays. Si on met quelqu’un en prison, c’est pour ne pas qu’il soit en contact avec ses coauteurs. Et, s’il peut être avec le téléphone, c’est quoi sa raison d’être en prison ? Cinq téléphones portables devant lui (Claude Pivi). Où es-tu, toi régisseur adjoint ? (…) Les grades, combien d’années vous êtes dans ça ? Qui est venu vous donner ça ? Dans la vie, il faut savoir faire des récompenses et des sacrifices.

Mais vous, en contrepartie, vous avez donné quoi ? Des téléphones portables passent ici comme si nous étions au marché. J’ai tout fait pour vous ici, mais quand je ne suis pas au pays, on pagaille. C’est normal ça ? Vous avez fait ce que vous avez voulu faire, (…) on est là, la mort c’est une seule fois, mais vos éléments d’agissement me prouvent à suffisance que je ne peux plus avoir confiance en vous. C’est terminé, c’est fini. Le pacte de confiance là, c’est terminé entre nous », a martelé le Garde des Sceaux devant des gardes pénitentiaires qui se confondent en excuses.

Le Renifleur