Poursuites judiciaires contre les organisateurs de la manifestation de soutien au CNRD à Kankan : Réactions croisées des acteurs politiques

L’annonce des poursuites judiciaires contre les organisateurs de la manifestation publique de soutien en faveur des autorités de la transition, continue à susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Si pour certains, cet acte du ministre de la justice et des Droits de l’Homme, est du tape-à-l’œil. Pour d’autres, la loi devrait être appliquée avec rigueur contre ces manifestants.

Ils l’ont fait savoir ce mardi 15 août 2023 à la faveur d’une interview accordée à un des reporters de votre quotidien électronique en ligne lerenifleur224.com. Selon le président du parti, Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès, Dr Edouard Zotomou Kpoghomou, cette action du ministre Wright, est tardive.

« Après que le fait soit accompli, maintenant c’est des militaires qu’on envoie à l’encontre de ceux qui sont en train de manifester. On les laisse d’abord commettre ce qui doit être commis avec la participation même des autorités et après on veut nous faire croire qu’on va interpeller les uns et les autres pour les suivre. Il n’y aura rien, il n’y aura pas de poursuite parce qu’ici, c’est du deux poids plusieurs mesures. Je ne suis pas convaincu. » A-t-il fait savoir.

Quant au président du Parti Citoyen pour la Défense des Intérêts Collectifs, Hamidou Barry a laissé entendre que la justice devrait sévir contre de tels agissements. Cependant, cet acteur politique dénonce l’implication de certains cadres administratifs dans cette manifestation de soutien.

« J’estime qu’à un moment donné, il va falloir nous battre contre l’amateurisme dans notre pays. C’est à travers les mouvements de soutien qu’on a pu mettre Dadis dans les erreurs. Chose qu’aucun guinéen n’a souhaité. S’il y a des mouvements de soutien à Kankan et qu’il n’y a pas la main du CNRD derrière, ce serait mieux de faire sévir la loi. Il suffit qu’un seul individu amorce quelque chose dans notre pays, pour que les autres emboîtent les pas et c’est très grave. Ce n’est pas seulement les jeunes manifestants qu’on doit arrêter, mais aussi les cadres administratifs qui ont soutenu ce mouvement. » A-t-il martelé.

Par ailleurs, le président du parti PCDIC, estime que l’application stricte de la loi incombe aux autorités de la transition dans cette affaire.

« Même le maire de Kankan faisait partie des manifestants. Aujourd’hui, il appartient à nos autorités de faire la part des choses. S’il y a antérieurement ceux qui ont manifesté contre cette transition qui continuent à payer le prix de leur prise de position, j’estime que ceux qui l’ont fait aujourd’hui y compris ceux qui ont commandité ces actes-là, méritent de payer le prix. Dans un pays qui se veut normal, la loi doit avoir un caractère général et impersonnel. » A-t-il conclu.

À rappeler qu’au lendemain de cette manifestation de soutien à Kankan, un groupe de manifestants s’est fait entendre aussi dans les rues de Kaloum pour réclamer le retour de l’ancien président, Alpha Condé au pouvoir.

Nagnouma Sanoh, pour lerenifleur224.com