Si Charles Wright se souciait de la prétendue refondation et de l’indépendance de la justice, il n’allait même pas donner… Sékou Koundouno

En affirmant devant l’opinion de façon sadique avec une méconnaissance notoire des standards internationaux qu’il n’y a pas de détenus politiques en Guinée, Alphonse Charles Wright se moque visiblement des Guinéens et montre son vrai visage d’un homme prêt à tout, même au pire pour sauver l’image de la junte en déconfiture en matière de liberté et de respect de droit de l’homme.

Dans son « come-back » d’une justice de « refondation », Charles Wright cherche à convaincre l’opinion sur l’indépendance de la justice à travers les magistrats, dans le traitement des dossiers des détenus politiques et d’opinion que sont Foniké Menguè, Ibrahima Diallo, Billo Hadjass Bah et Compagnie. En leur âme et conscience, ces derniers savent qu’ils ne sont pas et n’ont jamais été libres dans le traitement de ces dossiers. L’une des preuves les plus éloquentes de l’assujettissement des magistrats au pouvoir exécutif est la multiplicité des communications du ministre de la Justice sur des dossiers pendants devant les cours et tribunaux.

Dans les pays respectueux de la séparation des pouvoirs, on ne peut pas voir un ministre fut-il de la justice se prononcer autant sur des questions qui relèvent des « parquetiers ». Autre preuve de l’absence totale d’indépendance des juges dans la conduite de ces procédures, c’est au dictateur Mamadi Doumbouya que tout le monde demande la libération des détenus politiques. Malheureusement, cela ne gêne ni le régime de la nébuleuse CNRD ni les magistrats eux-mêmes. Cela signifie tout simplement que les magistrats n’ont aucune maîtrise de ces procédures. Tout leur est imposé, tout leur est dicté.

L’absence d’indépendance de la justice est allée si loin dans l’examen de ces dossiers qu’il faille attendre l’arrivée du ministre supposé de la justice et des droits de l’Homme, donc soumis à la présidence de la République, qui s’est arrogé le droit de détention et de liberté des détenus, sur instruction de qui on ne sait.

Si Charles Wright se souciait de la prétendue refondation et de l’indépendance de la justice, il n’allait même pas donner l’impression qu’il a la mainmise sur un dossier judiciaire même si l’on est conscient des pressions qu’il exerce sur les magistrats en n’hésitant même pas à les appeler directement au téléphone quelque fois, selon des témoignages anonymes par les concernés eux-mêmes. Mais que le monde entier réalise qu’en Guinée, c’est Charles Wright qui téléguide la justice, l’indiffère totalement.

Certains dictateurs affirment de manière hypocrite qu’ils ne s’immiscent pas dans les affaires judiciaires, même si une telle affirmation est totalement fausse. Mais Charles Wright quant à lui et son entourage ne se gênent pas que tout le monde constate qu’ils ont asservi, assujetti, inféodé, domestiqué, avili la justice. Au fond, ce sont les magistrats en charge de ces dossiers qui n’ont pas été à la hauteur de la mission attendue d’un magistrat.

En clair, ils n’ont pas été responsables, les magistrats ont failli à leur mission ; ils ont trahi leur serment.

Le discours de Charles Wright n’y change absolument rien.

SEKOU KOUNDOUNO
RESPONSABLE DES STRATEGIES ET PLANIFICATION DU FNDC