Kankan : l’Église sollicite l’aide du ministre de la justice pour la restitution de ses terres expropriées en Haute-Guinée.

Le garde des sceaux, ministre de la justice et des Droits de l’Homme après s’être rendu chez le grand Imam de la ville de Kankan s’est aussi dirigé vers la Cathédrale Notre Dame de la victoire à Kankan. Alphonse Charles Wright et sa suite étaient venus saluer cette autre autorité religieuse dans le cadre de sa mission de sensibilisation sur le bien-fondé de la justice. Une occasion qu’a également saisie le curé de cette Église d’évoquer quelques difficultés auxquelles l’Eglise est confrontée de façon générale dans le pays notamment dans le domaine des terrains qu’elle estime acquis en toute légalité.

A en croire Dr Alexis Faya Ouamouno, toutes les terres qu’ils ont légalement acquises pour la construction des églises, ont été presque ou toutes expropriées dans la région précisément dans les villes de Dinguiraye, Kourémalé (Siguiri)où ils ont d’énormes difficultés a érigé des maisons de Dieu

« Ce que je peux dire en matière de collaboration, nous sommes chrétiens, nous sommes minoritaires de la ville de Kankan mais on peut dire que nous sommes contents de la collaboration avec nos frères musulmans. Ils sont là, ils sont les plus nombreux et il n’y a pas grande fréquentation tous les jours mais nous sommes ensemble et il n’y a pas de heurts, il n’y a pas de mésentente. Nous ne pouvons que prier pour que ce climat de paix puisse continuer entre nous (…) Nous avons quelques problèmes au niveau de l’église. Je note tout simplement les problèmes qui nous tracassent souvent ce sont les problèmes domaniaux. Nous avons souvent des domaines ici et là mais qui sont après avoir été enlevés. Nous avons un cas actuel celui de Kourémalé à la frontière avec le Mali. On a acquis un terrain légalement de quelques hectares, je pense 2 et puis par après ce terrain a été en partie pris, pourquoi ? je ne sais pas » explique cet homme d’Église avant de solliciter l’implication du ministre de la justice dans ce dossier afin qu’ils puissent enfin rentrer en possession de leur domaine puisque l’implication des autorités administratives de Kankan n’a pas porté fruit

<< Ensuite nous avons fait des démarches auprès des autorités administratives de Kankan mais cela n’a pas encore donné de réponses. Nous pensons que votre présence aidera à ce que les choses ne soient clarifiées afin que nous puissions avoir ce nous appartient. À Dinguiraye également nous souffrons pour avoir un espace pour construire une église mais aussi à Faranah ou moi même quand j’étais curé là-bas il y’a quelques années, on a fait le pourtour des domaines qui nous restent sur 32 hectares que nous avions à l’époque il reste aujourd’hui 4 hectares et les 4 on a voulu faire les bornes géantes pour marquer la d’élimination mais voilà que ça aussi ça été caché par des jeunes qui sont venus au nom de leurs ancêtres » mentionne le curé Dr Alexis Faya Ouamouno

En réponse à cette doléance de l’Église de Kankan, Alphonse Charles Wright a promis de revoir la préoccupation de cette minorité religieuse dans cette région et de soutenir par ailleurs que l’Eglise n’est pas la seule victime dans le domaine de l’expropriation de terre

« Pour nous la religion n’est pas une barrière, pour nous l’ethnie n’est pas une barrière, pour nous la région n’est pas une barrière, la Guinée est une et indivisible, c’est ça notre devise. Pour ça il ya des lois et des règlements qui encadrent toutes les activités humaines aujourd’hui en Guinée, c’est comme partout ailleurs. Donc je prie Dieu que les demandes que vous avez formulées nous allons peut-être pouvoir les examiner pour intégrer la loi, que ce qui fait que les terrains que vous avez sont envahi. Mais laissez-moi vous ce n’est propre qu’à l’église. Vous prenez le cas par exemple de la justice nous avons des domaines qui ont été bradés. Je prends le cas de Yorokoguiya (Dubréka) je prends le cas de la Prison de Coyah, vous verrez que l’espace se réduit davantage et le problème, les gens ont tendance à brader les domaines privés et voir même les domaines de l’Etat. C’est en Guinée vous voyez les gens qui osent revendre les biens de l’Etat » a déploré le garde des sceaux, ministre de la justice et des Droits de l’Homme.



M2K, depuis Kankan, pour Lerenifleur224.com