Crise des huissiers de justice en Guinée : Mohamed Mouctar Sylla privilégie le dialogue à la confrontation
Face à la paralysie des activités des huissiers de justice en Guinée, le secrétaire général de l’Union africaine des huissiers de justice, Mohamed Mouctar Sylla, appelle à une concertation avec les autorités judiciaires pour sortir de l’impasse. Dans une déclaration faite ce mercredi 14 octobre 2026, l’officier judiciaire a tenu à clarifier la position de la profession, rejetant toute volonté d’affrontement avec la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Alors que le débrayage des huissiers de justice suscite des préoccupations quant à la continuité de leurs activités, Mohamed Mouctar Sylla privilégie une approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions durables. Pour lui, la crise actuelle doit être l’occasion d’examiner certaines pratiques et de prévenir de nouvelles difficultés au sein de la profession.
« Nous ne voulons nullement engager un bras de fer avec le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), encore moins avec l’institution elle-même. Notre démarche consiste à attirer l’attention sur certaines pratiques qui, à notre sens, pourraient exposer d’autres huissiers de justice à des situations similaires à celles que vivent actuellement nos confrères devant la CRIEF, si aucune mesure n’est prise pour clarifier les choses », a-t-il déclaré.
Le responsable insiste ainsi sur la nécessité de dissiper les incompréhensions et d’instaurer un cadre de concertation permettant de prévenir la répétition de situations similaires. Il estime que les difficultés actuelles ne peuvent être comprises sans tenir compte de l’évolution de la profession et des réformes engagées ces dernières années.
Mohamed Mouctar Sylla invite les autorités à replacer la crise dans son contexte historique, notamment au regard des changements intervenus depuis 2019. Selon lui, les difficultés rencontrées par les huissiers de justice ne sauraient être imputées exclusivement aux professionnels, dans la mesure où plusieurs insuffisances structurelles ont longtemps affecté l’organisation du secteur.
« Les solutions apportées depuis 2019 doivent être examinées à la lumière des difficultés qui existaient auparavant. Ces problèmes ne relevaient pas uniquement de la responsabilité des huissiers de justice. À l’époque, plusieurs aspects n’avaient pas encore été suffisamment pris en compte, notamment l’organisation de la profession, la mise en place de la Chambre, ainsi que la formation des clercs et des huissiers eux-mêmes. Il s’agissait de difficultés anciennes auxquelles les nouveaux statuts ont permis d’apporter certaines réponses », a-t-il expliqué.
À travers cette mise au point, le secrétaire général souligne l’importance de prendre en considération les réformes déjà entreprises afin de mieux cerner les causes des tensions actuelles et d’identifier les ajustements nécessaires.
Loin de toute logique de confrontation, Mohamed Mouctar Sylla rejette également les accusations de corporatisme. Il affirme que la démarche des huissiers vise avant tout à garantir des conditions d’exercice conformes aux exigences du bon fonctionnement de la justice.
Il appelle, à cet effet, le ministère de la Justice et les autorités judiciaires à accorder une attention particulière aux préoccupations exprimées par la profession, dans l’intérêt de toutes les parties concernées.
« Nous demandons aux autorités de s’impliquer, de nous écouter et de comprendre nos préoccupations. Il ne s’agit pas pour nous de défendre des intérêts corporatistes ni de nous ériger contre l’administration de la justice. Au contraire, nous souhaitons que la justice fonctionne normalement et que les activités des huissiers puissent se poursuivre dans de bonnes conditions. Nous n’avons aucun intérêt à voir une banque faire faillite », a-t-il affirmé.
Cette déclaration met en évidence les enjeux qui dépassent le seul cadre professionnel. La continuité des activités des huissiers de justice revêt également une importance pour les acteurs économiques, notamment les établissements financiers, dont le fonctionnement peut être affecté par les perturbations des procédures judiciaires.
Pour sortir durablement de cette impasse, Mohamed Mouctar Sylla préconise une rencontre réunissant l’ensemble des parties prenantes. Il estime qu’un échange ouvert permettrait à chaque acteur de présenter ses arguments et de contribuer à l’élaboration d’une solution consensuelle.
« C’est une question qui peut être réexaminée en réunissant toutes les parties prenantes, afin que chacune puisse s’exprimer et être entendue. L’objectif est de permettre aux huissiers de justice de continuer à exercer leurs activités dans la paix, la sérénité et l’harmonie », a-t-il conclu.
En privilégiant la concertation plutôt que l’affrontement, le secrétaire général de l’Union africaine des huissiers de justice place désormais les autorités compétentes devant la nécessité d’ouvrir un dialogue constructif. L’enjeu est de parvenir à un règlement durable de la crise, tout en préservant le fonctionnement normal de la justice et la sécurité juridique des opérations économiques en Guinée.
Lerenifleur224.com