Mandiana : le président du Tribunal de première instance expose ses doléances au ministre de la Justice
Dans le cadre de sa tournée d’évaluation du système judiciaire guinéen, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, M. Ibrahima Sory II Tounkara, a poursuivi, le jeudi 8 octobre 2026, sa mission dans la préfecture de Mandiana. Cette étape a été marquée par des échanges avec les autorités morales et religieuses, l’inspection des lieux de détention provisoire, la visite du site destiné à accueillir le futur centre pénitentiaire, ainsi qu’une rencontre avec les acteurs judiciaires du Tribunal de première instance de Mandiana. À cette occasion, le président du Tribunal de première instance de Mandiana, Sinéta Diarassouba, a prononcé un discours de bienvenue dans lequel il a salué la présence du ministre, tout en mettant en lumière les défis auxquels sa juridiction est confrontée au quotidien.

Prenant la parole au nom des magistrats, des greffiers, du personnel judiciaire et des auxiliaires de justice de son ressort, le président du tribunal a exprimé sa satisfaction d’accueillir le Garde des Sceaux. Pour lui, cette visite constitue un moment important pour la juridiction, en ce qu’elle témoigne de l’attention accordée au fonctionnement de la justice et aux conditions dans lesquelles elle est rendue aux justiciables.

« Votre présence parmi nous constitue un moment particulièrement important pour notre juridiction. Elle témoigne de l’attention que vous accordez au fonctionnement de la justice, à celle qui est rendue au quotidien, et surtout aux justiciables au nom desquels nous exerçons nos missions », a-t-il souligné.
Dans son intervention, Sinéta Diarassouba a rappelé les principes fondamentaux qui doivent guider l’action judiciaire, notamment l’indépendance, l’impartialité, la célérité et le strict respect des lois de la République. Il a réaffirmé l’engagement des acteurs judiciaires de Mandiana à œuvrer pour une justice rigoureuse, intègre et respectueuse des droits des citoyens, malgré les difficultés structurelles auxquelles ils font face.
Le président du tribunal n’a toutefois pas manqué d’attirer l’attention du ministre sur les contraintes qui entravent le bon fonctionnement de sa juridiction. Parmi les difficultés évoquées figurent la charge croissante des dossiers, l’insuffisance des moyens matériels et humains, ainsi que les conditions de travail qui nécessitent des améliorations.
Il a particulièrement insisté sur l’absence de maison d’arrêt à Mandiana, une situation qui complique la gestion des personnes détenues et leur transfèrement vers la maison centrale de Kankan, faute de moyens de déplacement adaptés. À cela s’ajoutent le manque de groupe électrogène pour assurer l’alimentation électrique du tribunal, l’insuffisance du nombre de greffiers et le manque de ressources financières pour l’organisation des audiences criminelles.
Le responsable judiciaire a également soulevé la question de la prise en charge du gardien du tribunal, de l’interprète et du chauffeur, dont les services sont essentiels au fonctionnement quotidien de la juridiction. Autant de préoccupations portées à l’attention du Garde des Sceaux dans l’espoir de solutions concrètes et durables.

De son côté, le ministre Ibrahima Sory II Tounkara a rappelé les exigences qui doivent encadrer l’administration de la justice. Il a insisté sur le respect des droits des personnes détenues, la célérité dans le traitement des dossiers, l’accessibilité de la justice et la transparence dans la perception des frais et tarifs des actes judiciaires.
Le Garde des Sceaux a également invité les magistrats et l’ensemble du personnel judiciaire à améliorer l’accueil et l’orientation des usagers, à prévenir les détentions prolongées injustifiées et à veiller au respect strict des procédures légales. S’agissant des infrastructures pénitentiaires, il a demandé l’identification d’un site plus adapté pour la construction du futur centre pénitentiaire de Mandiana.

Cette étape de la tournée ministérielle à Mandiana aura permis de mettre en évidence les réalités auxquelles les acteurs judiciaires sont confrontés sur le terrain. À travers son discours, le président du Tribunal de première instance, Sinéta Diarassouba, a exposé les difficultés matérielles, humaines et logistiques qui affectent le fonctionnement de sa juridiction, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une justice indépendante, impartiale et accessible à tous.
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