Le 2 octobre 1958, le peuple de Guinée accomplissait un acte de courage qui allait marquer à jamais l’histoire de l’Afrique. Nos aînés ont fait le choix de la dignité, de la liberté et de la souveraineté. Ils ont démontré au monde qu’aucun peuple ne peut renoncer à son droit de décider lui-même de son destin. Soixante-huit ans plus tard, notre responsabilité n’est plus de conquérir l’indépendance ; elle est de lui donner tout son sens.

L’indépendance ne se résume pas à un drapeau, à un hymne ou à une célébration annuelle. Elle se mesure à notre capacité à construire une nation forte, stable, juste et prospère. Elle se mesure à notre aptitude à préserver la paix, à renforcer l’unité nationale et à offrir des perspectives réelles à notre jeunesse.
À cet égard, notre pays est engagé dans une nouvelle étape de son histoire. Les défis demeurent nombreux, mais les aspirations du peuple guinéen restent les mêmes : davantage de justice, de développement, de bonne gouvernance et d’opportunités pour tous.
Dans cette marche collective, nous devons éviter un piège : celui des divisions. Aucune communauté ne peut construire seule la Guinée. Aucune région ne peut avancer sans les autres. Aucune ambition personnelle ne doit être placée au-dessus de l’intérêt supérieur de la Nation.
La Guinée gagnera lorsque les Guinéens se considéreront d’abord comme les enfants d’une même patrie avant toute autre appartenance.
Je m’adresse particulièrement à la jeunesse guinéenne.
Vous êtes la génération qui a rendez-vous avec l’histoire. Vous êtes la majorité de notre population. Vous êtes la force vive de la Nation. Le destin de notre pays dépendra largement de vos choix.
Ne laissez personne vous convaincre que votre avenir se trouve dans la haine, dans la violence ou dans les affrontements stériles. Votre avenir se trouve dans le savoir, le travail, l’entrepreneuriat, l’innovation et l’engagement citoyen.
La jeunesse guinéenne ne doit pas être utilisée comme un instrument de division ; elle doit être le moteur du rassemblement national.
Notre pays a besoin de jeunes capables de débattre sans se détester, de s’opposer sans se combattre et de défendre leurs convictions sans remettre en cause l’unité nationale. En ce jour de commémoration, nous devons également saluer les efforts entrepris pour consolider la stabilité de notre pays et poursuivre sa modernisation. La construction nationale est une œuvre permanente qui exige responsabilité, dialogue et esprit de dépassement.
Le regard tourné vers l’avenir, le cœur attaché à la Guinée, renouvelons notre engagement à servir notre pays avec loyauté, responsabilité et patriotisme.

Que le souvenir du 2 octobre nous inspire à construire une Guinée réconciliée avec elle-même, une Guinée de paix, une Guinée de justice, une Guinée de progrès.
Car notre plus grand défi n’est pas d’honorer notre histoire.
Notre plus grand défi est de nous montrer dignes de l’héritage qu’elle nous a légué.
Bonne fête de l’Indépendance à toutes les Guinéennes et à tous les Guinéens.
Que Dieu bénisse notre Nation et guide chacun de nos pas au service de la République.
Vive la paix. Vive l’unité nationale. Vive la Guinée.
Honorable Ansoumane Fofana
Député National
Président du Rassemblement des Guinéens pour l’Alternance (RGA)