De l’animation à la performance : le gigantesque chantier qui attend la Féguifoot ( Par Mamadou Bah, Mathé)

Comment sortir le football guinéen de son animation permanente pour en faire un football de performance ?

C’est toute la question qui attend la future équipe fédérale appelée à conduire les destinées du football national au cours des quatre prochaines années. Une interrogation qui, aux yeux de nombreux acteurs et férus du ballon rond, vaut son pesant d’or.

Certains ne voudront jamais l’admettre, mais depuis des décennies, le football local vit au rythme d’une simple animation, d’une saison à l’autre, avec, à la clé, vingt-six petits matches pour désigner un champion de Guinée.

Un calendrier de championnat au goût des saisons.

Des coupes organisées au-delà d’une saison. Le championnat de football féminin, quant à lui, ressemble davantage à une formalité destinée à s’attirer les grâces de la CAF et de la FIFA qu’à une véritable compétition structurée et durable.

L’amateurisme, dans le vrai sens du terme, gangrène ce football que tant de Guinéens adulent. Mais, à l’aveuglette, on fait semblant de ne rien voir et l’on préfère rester dans le suivisme afin de bénéficier des largesses de ceux qui dirigent.

L’animation vous maintient au niveau national, tandis que la performance vous sort de votre zone de confort et vous ouvre les portes du Graal.

C’est pourquoi, avec notre football d’animation, nous nous contentons toujours de participer aux compétitions africaines, qu’il s’agisse des clubs ou des sélections, alors que bien des équipes sur le continent raflent des trophées. Certaines nations, parfois considérées comme de petites équipes à l’échelle du continent, parviennent même à se qualifier pour la Coupe du monde.

La honte et la souffrance ont longtemps marqué le football en Guinée. Est-ce une malédiction ?

Non. C’est tout simplement le résultat d’une mauvaise organisation.

Et pour réussir, cela passera forcément par la restructuration de la Direction technique nationale (DTN). C’est le laboratoire qui doit penser et définir la ligne directrice de notre football. Dans chaque pays sérieux où ce sport règne en maître, la DTN demeure le centre névralgique du développement du football.

Des pays limitrophes de la Guinée sont devenus champions d’Afrique parce qu’ils ont d’abord fait leur propre mea culpa, avant de commencer le travail, de la base au sommet.

Le même résultat est possible au pays du 2 octobre 1958. Mais il nous faut des hommes et des femmes prêts à servir le football guinéen au détriment de leurs intérêts personnels et financiers.

Certes, plusieurs de nos concitoyens savent où se trouvent ces personnes capables de relever ce défi. Mais seuls les membres statutaires pourront mener le football guinéen à bon port.

 

Mamadou Bah (Mathé)