HAC : « La loi ne prévoit pas la démission des commissaires avant la mise en place de la nouvelle commission », clarifie Boubacar Yacine Diallo.

Lors de la cérémonie de félicitations des superviseurs de la zone spéciale de Conakry de la Haute Autorité de la Communication (HAC), à l’issue des législatives et communales, Boubacar Yacine Diallo, président de l’institution, a réagi aux critiques appelant à la démission des commissaires de la HAC.

Dans sa clarification sur la question de la durée du mandat des commissaires, le patron de la HAC a rejeté l’idée selon laquelle ceux-ci auraient dû démissionner depuis un an, estimant qu’une telle position relève d’une méconnaissance des textes en vigueur.

« J’ai entendu quelqu’un dire que les commissaires devaient démissionner il y a un an. C’est une méconnaissance de la loi », a-t-il déclaré, avant de s’interroger

« La loi dit, tant qu’il n’y a pas la nouvelle formation de la commission, les commissaires restent. Ils vont remettre la démission à qui ? »

Le président de la HAC s’est également appuyé sur les dispositions transitoires de la Constitution pour défendre le maintien de l’institution jusqu’à l’installation de la nouvelle commission.

« Deuxièmement, la Constitution elle-même dit, dans sa partie disposition transitoire, que la HAC reste en place jusqu’à ce que la commission soit mise en place. Ça, c’est clair. C’est dans la Constitution », a-t-il souligné.

Selon lui, les textes ne doivent pas être interprétés en fonction des souhaits ou des convenances des uns et des autres. « La loi, ce n’est pas ce qu’on souhaite. Ce n’est pas ce qu’on veut. C’est ce qui est. Elle s’applique », a-t-il martelé.

Boubacar Yacine Diallo a poursuivi en expliquant que la loi prévoit non seulement le maintien des commissaires jusqu’à l’installation de la nouvelle commission, mais également l’exercice des attributions de celle-ci pendant la période transitoire.

« S’ils pouvaient nous montrer à qui nous devions donner notre démission, peut-être qu’on l’aurait fait. Mais il nous a dit qu’on devait démissionner il y a un an. Mais il ne nous a pas dit à qui remettre la démission, puisque la loi ne le prévoit pas », a-t-il indiqué.

Abordant enfin la question du rôle de la HAC et des critiques formulées contre ses décisions, le président de l’institution a défendu la continuité de la régulation et de la liberté de la presse.

« La presse fonctionnera. La liberté de la presse s’exercera. Que les gens le veuillent ou pas. Que notre formation soit là ou pas », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs rappelé que la régulation audiovisuelle implique également le pouvoir de sanctionner lorsque les règles sont enfreintes.

« Si demain vous êtes à notre place, ou ceux qui bavardent là, ils vont réguler. Et réguler, c’est sanctionner aussi », a-t-il lancé.

Boubacar Yacine Diallo a, dans le même temps, invité ses détracteurs à s’attaquer directement aux décisions prises par la HAC plutôt qu’à remettre en cause le principe même de son action : « Moi, j’aurais aimé que ceux qui pensent que nous faisons mal démontent nos décisions. »

La cérémonie a ainsi été marquée par une double séquence : les félicitations adressées au président de la HAC à l’occasion de son accession à la présidence de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA, élargie à la Guinée (PRA-UEMOA-Guinée), et une mise au point ferme sur la continuité de l’action de l’institution.

 

 

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