Falsification des numéros de châssis, échange de pièces et fausses immatriculations : onze présumés voleurs de motos présentés par les services spéciaux

Le Secrétariat général à la Présidence chargé des services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé a présenté, ce vendredi 7 août 2026, à son siège de Conakry, onze personnes présumées impliquées dans un réseau de vol de motos. Selon le commissaire principal de police Foromo Soropogui, cette opération fait suite à des dénonciations provenant de sources crédibles, recoupées par les services d’enquête.

 

 

Ces informations faisaient état de l’existence, à Mafanco, sur la route du Niger, d’un groupe d’individus spécialisés dans le vol de motos. Le réseau serait composé notamment de mécaniciens et d’électriciens exerçant dans un même garage.

 

 

« Dans la journée du 4 août 2026, notre service a procédé à l’interpellation de onze (11) personnes et à la saisie de douze (12) motos volées. Après leur soustraction frauduleuse, ces engins étaient immédiatement transportés dans leur garage afin de modifier leur apparence extérieure, notamment par le remplacement de certaines pièces comme le réservoir, le phare ou le siège, ainsi que par la falsification des numéros de châssis », a expliqué le commissaire.

Il a ajouté que les membres présumés de ce réseau, âgés de 24 à 27 ans, faisaient également confectionner de fausses clés, de fausses cartes grises et de fausses plaques d’immatriculation, avec la complicité présumée de certains agents de la CADAC, avant de revendre les motos à des clients.

Les personnes interpellées sont : Sékou CAMARA, présenté comme le chef du groupe, Mamady CISSÉ, Sayon KABA, Idrissa CONDÉ, Souleymane TRAORÉ, Alya CAMARA, Sory DOUMBOUYA, Oumar Sory SAVANÉ, Mohamed Lamine BANGOURA, Abdoulaye TRAORÉ et Laye CONDÉ.

« Tous auditionnés, ils ont nié les faits. Cependant, les motos saisies ne disposent d’aucune pièce justificative et leurs numéros de châssis ont été falsifiés, ce qui constitue un indice sérieux de leur provenance frauduleuse », a poursuivi le commissaire principal de police.

 

Les mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs et vol aggravé, notamment par soustraction commise en réunion avec usage de fausses clés, des infractions prévues et punies par les articles 784 et 374 du Code pénal.

Interrogé sur les accusations portées contre lui, Souleymane TRAORÉ a rejeté toute implication dans ce réseau.

 

 

« Je ne fais pas partie d’un réseau. Je suis mécanicien. Si quelqu’un vient me demander de réparer une moto, je le fais parce que c’est mon métier. On m’envoie des motos à réparer, je les répare, c’est tout. Je travaille à Mafanco. Si beaucoup de personnes me sollicitent, c’est parce que je fais correctement mon travail », a-t-il déclaré.

 

À travers cette opération, les services spéciaux affirment leur volonté de renforcer la lutte contre le vol de motos, un phénomène qui touche de nombreux usagers à Conakry. Les onze suspects devraient être déférés devant les juridictions compétentes afin que la justice détermine leur responsabilité dans cette affaire, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels complices et retrouver les propriétaires des motos saisies.

 

Par Ousmane Baldé,  pour Lerenifleur224.com