Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a lancé ce jeudi 30 juillet une session de formation de deux jours destinée aux huissiers de justice de Guinée. Placée sous le thème « Les innovations liées à l’Acte uniforme de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA) », cette initiative est organisée par la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée.


La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs représentants du corps professionnel ainsi que des invités. Cette formation vise à renforcer les capacités techniques et déontologiques des huissiers de justice afin de garantir un service public de la justice plus efficace et conforme aux standards internationaux. Les participants seront notamment outillés sur les procédures d’exécution et de vente aux enchères, la signification et la notification des actes judiciaires et extrajudiciaires, la médiation, le conseil juridique, les constats, ainsi que la gestion des cabinets, la comptabilité et la déontologie.
Prenant la parole à cette occasion, le président de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, Aboubacar Camara, a qualifié cette rencontre de « tournant décisif » pour la profession.

« La journée d’aujourd’hui marque un tournant décisif dans la vie de cette noble et exaltante profession. Le monde évolue à une vitesse exponentielle, et les besoins des populations deviennent de plus en plus croissants. Nous devons nous challenger pour être au même diapason que les autres. Cela passe inéluctablement par la formation. D’où l’intérêt de la présente rencontre », a-t-il déclaré.
Insistant sur l’importance du renforcement des compétences, il a rappelé cette citation d’Arnaud Boti : « La formation est l’essence de tout succès », avant d’ajouter qu’« un bon huissier de justice, c’est celui qui a la maîtrise de l’outil juridique et qui se met au service de la justice et des justiciables ».
Le président de la Chambre a également rappelé le rôle essentiel des huissiers dans la chaîne judiciaire.
« La justice est une chaîne, il y a ceux qui jugent, ceux qui défendent et ceux qui exécutent les décisions des cours et tribunaux. Nous tous, nous formons un tout. Chacun doit jouer sa partition dans l’intérêt supérieur de la nation guinéenne », a-t-il affirmé.
Tout en saluant les progrès enregistrés par la profession ces dernières années, Aboubacar Camara a évoqué plusieurs défis qui restent à relever, notamment
« la problématique de l’exécution des décisions de justice, la nomination du juge de l’application des peines, le problème de siège et la question de la formation continue ».
Il a également sollicité l’accompagnement des autorités pour l’organisation, en 2027 en Guinée, de la rencontre de l’Union francophone des officiers judiciaires (UFOHJA).
S’adressant aux participants, il les a invités à tirer pleinement profit des échanges avec les formateurs afin de faire de chaque huissier guinéen « un professionnel hautement qualifié, respectueux des règles de droit, attaché aux valeurs d’intégrité, d’impartialité et de probité ».
« La Chambre nationale poursuivra sans relâche ses efforts pour promouvoir la formation continue, encourager la spécialisation et accompagner la modernisation de notre profession. Nous sommes convaincus qu’une profession forte repose avant tout sur la compétence de ses membres », a-t-il assuré.
Il a enfin exhorté les huissiers à faire preuve de discipline et à respecter les règles de déontologie et d’éthique « afin de rassurer les justiciables et rendre effective l’exécution des décisions de justice sur toute l’étendue du territoire », concluant par cette formule : « Car tant vaut l’Huissier de Justice, tant vaut la Justice. »
Les résultats attendus de cette session portent notamment sur une meilleure application des procédures OHADA, une diminution des contentieux liés aux vices de procédure ainsi que la mise en place d’un programme de formation continue.
Pour sa part, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a salué l’initiative de la Chambre nationale des huissiers de justice.

« Je tiens à saluer la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée pour cette belle initiative d’organiser le présent atelier qui rentre dans le cadre du renforcement continu des capacités des huissiers. La formation constitue à la fois un investissement et un levier important qui garantissent une justice vertueuse au service des justiciables », a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que l’évolution constante du droit impose aux professionnels de la justice de renforcer régulièrement leurs compétences afin de répondre efficacement aux attentes des citoyens.
« Vous êtes à la fois à la rentrée et à la sortie de la justice. Sans une exécution efficace des décisions de justice, le droit resterait théorique et nos décisions sans effet. L’Huissier de justice est un acteur majeur de la chaîne judiciaire. Il contribue en grande partie à la sécurité juridique des actes et rétablit la confiance entre les justiciables et la justice », a-t-il souligné.
Selon lui, la formation demeure une obligation pour maintenir un haut niveau de compétence et de performance. Il a assuré que le ministère de la Justice continuera d’accompagner les huissiers afin de relever ensemble le défi d’une administration judiciaire performante.
Évoquant l’engagement des autorités en faveur du secteur de la justice, le ministre a rappelé que
« le Gouvernement, sous la conduite du Président de la République, Mamadi Doumbouya, accorde une attention toute particulière au secteur de la justice ».
Il a exhorté les huissiers à faire preuve de davantage de rigueur et de professionnalisme.
« Nos citoyens ont soif de justice et vous êtes les premiers remparts. Je vous invite à mettre pleinement à profit cette formation, à partager vos expériences et à approfondir vos connaissances afin d’améliorer davantage la qualité du service rendu aux justiciables », a-t-il indiqué, avant d’encourager la Chambre nationale à poursuivre ses efforts en faveur de la formation continue, de l’éthique et de la déontologie.

Durant ces deux jours, les participants suivront cinq modules portant sur le cadre juridique et le statut de l’huissier de justice, les saisies et ventes aux enchères, la signification des actes et le recouvrement, la médiation et le conseil juridique, ainsi que la gestion, la déontologie et les outils pratiques.

À travers cette session de formation, la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée et le ministère de la Justice réaffirment leur volonté de professionnaliser davantage le corps des huissiers. En renforçant leurs compétences sur les innovations de l’OHADA et les exigences de la pratique moderne, les organisateurs ambitionnent de consolider la sécurité juridique, d’améliorer l’exécution des décisions de justice et de renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.
Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com