Urgent ! Procès du 28 septembre 2009 (volet 2) : le tribunal criminel de Dixinn acquitte le colonel Bienvenue Lamah et ordonne sa libération
Le tribunal criminel de Dixinn a rendu, ce lundi 27 juillet 2026, son verdict dans le volet 2 du procès des événements du 28 septembre 2009. Présidée par le juge Aboubacar Thiam, la juridiction a déclaré le colonel Bienvenue Lamah non coupable des faits de crimes contre l’humanité et de responsabilité du commandement du supérieur hiérarchique, avant d’ordonner sa relaxe et sa remise en liberté immédiate, s’il n’est détenu pour une autre cause. Dans sa décision, le président du tribunal a rappelé que « les faits, objet de la présente poursuite, indiscutablement liés aux événements du 28 septembre 2009, ont déjà été judiciairement qualifiés de crimes contre l’humanité et de responsabilité du commandement du supérieur hiérarchique par le jugement n°09 du 31 juillet 2024 rendu par le tribunal criminel de céans ».

Le tribunal a, en conséquence, estimé que « la demande de requalification présentée par le ministère public et les parties civiles est devenue sans objet ». Il a ensuite déclaré le colonel Bienvenue Lamah
« non coupable de crimes contre l’humanité et de la responsabilité du commandement du supérieur hiérarchique », avant de le renvoyer des fins de la poursuite, d’ordonner sa relaxe ainsi que « sa remise en liberté immédiate s’il n’est détenu pour autre cause ».

Sur l’action civile, le tribunal a reçu la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) ainsi que l’Association des parents et victimes du 28 septembre 2009 (AVIPA).
À l’issue du verdict, la défense a salué une victoire de la justice. Me Zézé Kalivogui, avocat du colonel Bienvenue Lamah, n’a pas caché son émotion.

« Merci. Nous sommes envahis par une énorme émotion. Je voudrais dire que c’est la justice qui a gagné. Certes, nous avons fait ce que nous devions faire et nous avons eu la chance d’avoir en face des magistrats qui ont pris la mesure de leur responsabilité. Quand bien même que de l’autre côté de la barre, c’est-à-dire le parquet, a continué à vouloir enfoncer notre client, les éléments du dossier ont prouvé que notre client était blanc comme neige. Comme on le dit, on ne peut pas trouver de poux sur un crâne rasé », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, l’avocat a ajouté : « Aujourd’hui, nous sommes envahis par une immense joie et nous rendons grâce à Dieu, parce que c’est Dieu qui a voulu. Après pratiquement 3 ans et 8 mois de détention de notre client, aujourd’hui, il est blanchi et nous avons œuvré en compagnie de mes distingués et valeureux confrères. C’est aujourd’hui une grande fête, c’est la victoire du droit, c’est la victoire de la justice. Vive la justice guinéenne ! »
Du côté des parties civiles, la décision a suscité une vive déception. Elles estiment que le jugement constitue « une mauvaise décision » et « un signal négatif envoyé par le tribunal pour la lutte contre l’impunité ».

« C’est une mauvaise décision qui a été rendue, c’est un signal négatif qui a été envoyé par le tribunal pour la lutte contre l’impunité. Mais nous n’avons pas été assez surpris parce que déjà cette formation avait rendu une précédente décision manifestement illégale lorsqu’elle avait annulé la procédure qui a précédé cette dernière procédure », a déclaré un représentant de la partie civile.
Celui-ci a poursuivi en dénonçant ce qu’il considère comme une injustice :
« On a quand même le sentiment de faire face à une énorme injustice. Nous avons affaire à un dossier dans lequel tous les éléments ont été produits pour que le tribunal entre en condamnation. Malheureusement, nous avons remarqué que le tribunal, dans son raisonnement, il avait un seul objectif, c’est aller vers l’acquittement du colonel Bienvenue Lamah. »
Selon lui, « dans cet exercice, le tribunal doit demeurer impartial, il doit demeurer neutre. C’est selon le poids des éléments du dossier qu’il va soit vers la condamnation ou vers l’acquittement. Mais ici, nous avons eu l’impression que le tribunal s’est efforcé à aller uniquement sur le chemin de l’acquittement ».

Ce verdict marque une nouvelle étape dans le traitement judiciaire des événements du 28 septembre 2009. Si la défense célèbre une « victoire du droit » et de la justice, les parties civiles dénoncent, elles, une décision qu’elles jugent contraire aux éléments du dossier et défavorable à la lutte contre l’impunité. Cette divergence d’appréciation illustre les profondes tensions qui continuent d’entourer ce dossier emblématique de l’histoire judiciaire guinéenne.
Par Rama Fils, pour Lerenifleur224.com