Kindia : lancement de la vulgarisation des textes sur l’état civil, l’identification des personnes et la numérisation des archives

Les acteurs de l’état civil de la région de Kindia sont réunis, depuis ce mercredi 15 juillet 2026, autour d’un atelier régional de vulgarisation des textes relatifs à l’état civil, à l’identification des personnes et à la numérisation des archives. Cette initiative, pilotée par la Direction nationale de l’État civil et de l’Identification (NECI), avec l’appui de la Direction générale des Élections (DGE), vise à renforcer la maîtrise du cadre juridique par les professionnels du secteur et à accélérer la modernisation du système d’état civil en Guinée. La cérémonie d’ouverture, organisée dans un complexe hôtelier de la place, a été présidée par le directeur national du NECI, en présence de la directrice générale des Élections. Elle a réuni les autorités administratives et locales, des greffiers, des représentants de la DGE ainsi que les responsables des services de l’état civil des cinq préfectures de la région administrative de Kindia.

Le maire de la commune urbaine de Kindia, Elhadj Aboubacar Molota Camara, a souligné l’importance, pour les élus locaux, de maîtriser et de vulgariser les textes régissant l’état civil et l’identification des personnes, estimant que cette démarche est indispensable à une gouvernance locale efficace.

« C’est très important, parce que cela permet d’abord de mieux connaître nos citoyens, de maîtriser les actes d’état civil que nous délivrons, mais surtout d’éliminer les fraudes auxquelles nous sommes confrontés au quotidien. Nous avons donc intérêt à nous approprier les documents issus de cette vulgarisation afin de transmettre, à notre tour, les enseignements de la Direction générale des Élections et de la Direction nationale de l’État civil à nos populations. Nous nous engageons à le faire. C’est un devoir citoyen, mais aussi une nécessité pour le respect du Code des collectivités locales », a déclaré le maire.

Prenant la parole, la directrice générale des Élections, Mme Camara Djenabou Touré, est revenue sur les objectifs de cet atelier, en mettant l’accent sur la nécessité d’une meilleure compréhension et d’une appropriation des textes par les élus locaux.

« Nous lançons aujourd’hui, à Kindia, le processus de numérisation des archives de l’état civil. Cette activité sera progressivement étendue aux 33 préfectures ainsi qu’aux 13 communes de Conakry. L’objectif est de mettre en place un registre permanent de l’état civil et un registre national des personnes physiques. Cette réforme permettra également de garantir une inscription continue et permanente sur les listes électorales, tout en luttant efficacement contre la fraude documentaire, qui constitue un véritable fléau dans notre pays. C’est aussi un moyen de renforcer la sécurité nationale, dans un contexte marqué par la montée du terrorisme dans le Sahel, alors que la Guinée partage des frontières avec plusieurs pays de cette région. Il est essentiel que chaque personne vivant sur notre territoire soit correctement identifiée. Cette réforme permettra également aux officiers délégués de l’état civil, placés sous l’autorité des maires, de délivrer des actes fiables, de mieux contrôler les demandes, d’éviter l’attribution de documents à des personnes qui n’y ont pas droit et de mettre fin à la duplication des numéros d’actes, notamment des extraits de naissance. Grâce à la numérisation, un citoyen qui perd son acte de naissance pourra en obtenir facilement une copie, puisque le document sera conservé et sécurisé dans une base de données nationale. Nous invitons donc les maires et les conseillers communaux à accompagner cette réforme, qui contribuera au développement de la Guinée », a expliqué Mme Camara Djenabou Touré.

Abordant les réformes liées au fichier électoral, la directrice générale des Élections a apporté des précisions sur le nouveau mécanisme d’inscription.

« Désormais, nous ne collecterons plus les extraits de naissance lors des opérations de recensement électoral. Une fois inscrit au registre de l’état civil, chaque citoyen intégrera le registre national des personnes physiques à l’âge de 10 ans, conformément à la loi sur l’identification. À cette étape, ses photographies et ses empreintes digitales seront enregistrées. Puis, dès l’âge de 18 ans, il sera automatiquement inscrit sur les listes électorales.Ce système garantit l’unicité de l’identité et permettra à la Guinée de disposer d’un fichier électoral permanent, en mettant fin aux changements répétés d’opérateurs, aux inscriptions indues et aux falsifications d’identité. À terme, les citoyens se feront enregistrer directement dans leurs communes, sans qu’il soit nécessaire d’organiser des recensements électoraux à l’échelle nationale », a-t-elle déclaré.

Dans son discours d’ouverture, le directeur national du NECI a insisté sur l’importance des deux lois adoptées par le Conseil national de la transition (CNT), qui encadrent désormais l’état civil et l’identification des personnes en Guinée.

« Deux lois majeures ont été adoptées par le CNT : la loi L/2025/019 portant sur l’identification des personnes physiques en République de Guinée et la loi L/2025/020 relative à l’état civil. Le slogan du président de la République est : « Un Guinéen, une identité juridique et numérique .Nous avons constaté que les lois sont souvent adoptées sans être suffisamment vulgarisées. Cette méconnaissance constitue un véritable obstacle à leur application. C’est pourquoi nous organisons ces ateliers régionaux afin que les officiers délégués de l’état civil s’approprient ces textes et adoptent des pratiques conformes à la loi et aux exigences de moralité.Nous ne voulons plus de faux actes d’état civil. Ils portent atteinte à la crédibilité de notre administration. Avec la numérisation, chaque Guinéen disposera d’un numéro d’identification unique qui l’accompagnera tout au long de sa vie.Aujourd’hui, certaines personnes possèdent plusieurs extraits de naissance. Cette situation doit prendre fin. Chaque citoyen ne doit avoir qu’un seul extrait de naissance et un seul numéro d’identification. Cela renforcera la crédibilité de nos documents, la confiance dans notre administration et garantira une meilleure sécurisation des droits des citoyens grâce à une base de données nationale », a déclaré le directeur national du NECI.

À travers cet atelier, les autorités entendent poser les bases d’une mise en œuvre efficace des nouvelles réformes de l’état civil et de l’identification des personnes. Après Kindia, la campagne de vulgarisation sera déployée dans les autres régions administratives du pays afin de permettre aux acteurs locaux de s’approprier le nouveau cadre juridique et de contribuer à la modernisation de l’administration publique, à la sécurisation de l’identité des citoyens et à la fiabilisation du fichier électoral national.

Par Mohamed Camara, pour lerenifleur224.com