Justice : L’artiste « Bandirou » et ses complices échappent à la prison et retrouvent la liberté

Placés sous mandat de dépôt le 19 mai dernier, l’artiste Hadiatou Bah, alias « Bandirou », et les vidéastes Ahmed Saadate Diallo « Saad » et Mamadou Alpha Baldé « SoprAlpha » ont recouvré la liberté ce mercredi 1er juillet. Le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu son verdict dans l’affaire qui les opposait au lounge Bellingham, balayant la majorité des charges lourdes qui pesaient contre eux.

Après plusieurs semaines de détention provisoire, les trois prévenus répondaient de faits graves : proxénétisme, atteinte à l’ordre public et atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système informatique. Lors de l’audience, la défense a méthodiquement démonté le dossier de l’accusation. Me David Beavogui a martelé qu’aucun élément constitutif des infractions n’était réuni

« Les aveux seuls d’une belle femme ne définissent pas la culpabilité de Hadiatou. Aucun propos de Hadiatou publié par Saad et SoprAlpha n’a troublé l’ordre public, ni provoqué d’attroupement dans la rue. Au contraire, Hadiatou est une artiste à protéger. » Soutenant qu’un casier judiciaire entaché par une condamnation même assortie du sursis serait un handicap lourd à l’ère du numérique, les avocats ont réclamé la relaxe pure et simple. Face à eux, le ministère public a tenté de démontrer la gravité des faits, s’appuyant notamment sur l’expression poular « Djiba Sidjawa »

Le mea culpa des prévenusAvant le délibéré, le président du tribunal, Mohamed Sangaré, a donné une dernière fois la parole aux prévenus. L’heure était aux regrets. « Je demande pardon », a sobrement déclaré Hadiatou Bah. De leur côté, les créateurs de contenus ont plaidé la bonne foi, expliquant que leur démarche visait uniquement à promouvoir l’artiste.

« Si cela a heurté certaines personnes, je demande pardon », ont-ils tour à tour concédé.

Après quatre heures de délibération, le verdict est tombé en fin de rôle, prenant le contre-pied des réquisitions du parquet (qui réclamait un à deux ans de prison avec sursis et de lourdes amendes).

Relaxe partielle : Le tribunal a renvoyé l’ensemble des prévenus des fins de la poursuite pour les délits de proxénétisme et d’atteinte à l’ordre public.

Relaxe totale : Ahmed Saadate Diallo (Saad) et Mamadou Alpha Baldé (SoprAlpha) ressortent totalement blanchis de l’affaire.

Condamnation avec sursis : Seule Hadiatou Bah a été reconnue coupable de diffamation. Elle écope de six mois de prison avec sursis et au paiement d’un franc guinéen symbolique à titre de dommages et intérêts au profit du lounge Bellingham.

Libérés sur-le-champ, les trois protagonistes rentrent chez eux. Les parties disposent désormais du délai légal pour interjeter appel de cette décision.

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