Répartition des droits d’auteur : le BGDA clarifie les incompréhensions autour des 13 milliards GNF

Les débats suscités par la récente répartition des droits d’auteur en Guinée continuent d’alimenter les discussions dans le milieu culturel. Face aux interrogations de certains artistes et ayants droit, le Directeur général du Bureau Guinéen des Droits d’Auteur (BGDA) a apporté des éclaircissements ce mercredi 10 juin 2026, en marge d’un Conseil d’administration extraordinaire. Selon lui, la répartition des droits d’auteur est l’aboutissement d’un processus de recouvrement. L’exercice 2025 a marqué une avancée historique avec la collecte de recettes sur neuf lignes de droits différentes, contre seulement deux auparavant. Une performance rendue possible grâce aux réformes engagées sous la coordination du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla.

Le Directeur général Moussa Fofana a expliqué que deux options s’offraient au BGDA après le recouvrement des droits en 2025 : procéder immédiatement à une répartition selon l’ancien système ou mettre en place un nouveau mécanisme de répartition numérique. Le Bureau a opté pour cette seconde approche afin de garantir davantage de transparence et d’efficacité dans le paiement des bénéficiaires.

« Les mois de janvier à mars ont été consacrés à l’identification des ayants droit et à leur intégration dans la base de données numérique », a-t-il indiqué. Cette opération a nécessité le déploiement d’agents du BGDA sur l’ensemble du territoire national, de Conakry à Nzérékoré, afin de recenser les bénéficiaires et faciliter le versement automatisé des droits.

Concernant la polémique née autour des montants distribués, le responsable du BGDA a précisé que les 13 milliards de francs guinéens annoncés correspondent au total des recettes à répartir sur neuf catégories de droits et non à un paiement unique. Ainsi, lors de la première phase de répartition en avril, un montant de 2,8 milliards de francs guinéens a été distribué au titre d’un seul droit.

« Certains ont estimé que les sommes perçues étaient faibles parce qu’ils pensaient que les 13 milliards devaient être versés en une seule fois. Pourtant, les 2,8 milliards ne représentaient qu’une première tranche », a-t-il souligné.

Le mois suivant, le BGDA a procédé au paiement de 5 milliards de francs guinéens au titre de la copie privée, ainsi qu’à la répartition de 640 millions de francs guinéens issus des droits de streaming, notamment à travers le catalogue Syli-Phone. Le processus de distribution se poursuivra sur une période de neuf mois, à raison d’une catégorie de droits traitée successivement.

Le Directeur général a également rappelé que les habitudes du passé ont contribué aux incompréhensions observées. Pendant longtemps, les droits d’auteur n’étaient versés qu’une seule fois par an. Cette nouvelle approche, qui prévoit plusieurs paiements échelonnés dans l’année, représente donc un changement important pour les bénéficiaires. Pour le mois de juin, le BGDA annonce déjà le paiement des droits liés à la communication au public, tandis qu’une autre catégorie de droits sera réglée au cours du mois suivant.

À travers ces explications, le Bureau Guinéen des Droits d’Auteur entend rassurer les artistes et les ayants droit sur la gestion des fonds collectés. L’institution affirme que les 13 milliards de francs guinéens seront intégralement répartis selon un calendrier établi, tout en poursuivant parallèlement le recouvrement des droits de l’exercice 2026, dont la redistribution est prévue en 2027. Une démarche qui traduit la volonté du BGDA de moderniser son système de gestion et de renforcer la confiance des acteurs culturels.

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com