Venu assister aux festivités des 72 heures de Kania Soli, l’international guinéen François Kamano, à travers une interview accordée à notre correspondant régional, s’est longuement exprimé sur la situation actuelle du football kindianais, notamment sur le cas du club fanion de Kindia, le Gangan FC, actuellement en Ligue 2 du championnat guinéen, mais aussi sur l’état du stade préfectoral de Kindia.
Selon lui, cette situation est très dommageable, voire même une insulte pour la cité des agrumes, dont le football était autrefois considéré comme la pépinière du football guinéen. Aujourd’hui, estime-t-il, Kindia est en train de perdre ce statut.
« Aujourd’hui, je ne suis pas trop intégré ou je n’ai pas beaucoup de nouvelles concernant le fonctionnement de l’équipe de Kindia et du Gangan. Mais le peu d’informations que j’ai montre qu’ils s’entraînent sur des terrains qui ne sont pas les leurs. C’est quelque chose d’assez déplorable. Aujourd’hui, Kindia se retrouve en deuxième division, et je pense que ce n’est pas normal non plus. C’est dommage de se retrouver dans cette situation », estime-t-il.
François Kamano estime que des solutions existent pour aider le football kindianais, mais que cela doit avant tout venir des fils et ressortissants de la ville.

« Il y a de bonnes choses qui peuvent être mises en place pour essayer d’aider l’équipe, mais cela ne peut venir que des fils de Kindia, des enfants ou des ressortissants de Kindia, qui doivent mieux se concerter et essayer de mettre un projet en place pour relever ce défi sur le plan sportif. Aujourd’hui, je dirais que c’est une insulte pour la ville de se retrouver sans stade, car c’est un véritable problème majeur pour le football de Kindia. Mais après, il y a aussi les autorités », a déploré l’ancien joueur de Bordeaux.
L’international guinéen appelle également à une mobilisation collective afin de sortir le Gangan FC et le stade préfectoral de cette situation difficile.
« Aujourd’hui, le message que je voudrais adresser à la ville de Kindia, aux ressortissants et même aux sympathisants, à ceux qui ont servi dans la ville de Kindia, c’est de se donner la main et d’essayer de faire quelque chose. Le football est assez compliqué et délicat. Une seule personne ne peut pas prendre en charge une équipe, surtout lorsqu’il s’agit de l’équipe de toute une ville. Il faut donc se donner la main et essayer de mettre un projet en place. Ce que je trouve assez dommage aujourd’hui, c’est que nous, les fils de Kindia, les ressortissants de Kindia et ceux qui ont servi à Kindia, devons nous unir pour mettre quelque chose en place », a-t-il fait savoir.
Pour lui, les fils de Kindia doivent montrer leur engagement en prenant eux-mêmes des initiatives concrètes pour la rénovation du stade préfectoral.
« Aujourd’hui, je pense que si vous voyez le retard pris dans les travaux de ce stade, c’est aussi de notre faute à nous, les enfants de Kindia. Il faut se donner la main et montrer à ceux qui viennent nous faire des promesses que nous pouvons aussi le faire nous-mêmes. Il faut cotiser, même si celui qui peut donner 1 000 francs le fait. Que ce soit les fils de Kindia qui sont sur place, ceux qui sont à Conakry ou à l’extérieur, je demande à tout un chacun de faire quelque chose à ce sujet. Il faut démontrer qu’ensemble, nous pouvons accomplir quelque chose de grand », a-t-il précisé.
François Kamano insiste également sur la nécessité de mettre en place un système crédible et transparent afin de permettre à chacun de participer au projet.
« Pour moi, il faudra que ce soit quelque chose de très crédible et transparent. C’est-à-dire mettre en place un numéro vert ou une plateforme sur laquelle tout le monde peut participer, donner sa cotisation ou faire des dons. Même ceux qui ne sont pas de Kindia peuvent participer à travers nos connaissances. Ce que je veux démontrer ici, c’est la cohésion et l’union face à ce problème et à ce défi. Si nous réussissons à faire cela, ce sera un pas de plus vers le progrès de la ville », a-t-il insisté.
Le joueur guinéen a également lancé un appel à la diaspora kindianaise afin qu’elle s’implique davantage dans le développement sportif de la ville.
« Je lance cet appel à tous mes frères de Kindia, à tous les ressortissants de Kindia qui sont en Europe, aux États-Unis et ailleurs, afin qu’ils pensent à cela et fassent quelque chose. Moi particulièrement, je ne vais pas gérer cela, mais j’espère que ce message tombera dans de bonnes oreilles et que des personnes crédibles prendront l’initiative. Aujourd’hui, nous voulons que tout soit transparent et que l’argent soit tracé. Si l’on met un franc dedans, il faut voir les résultats sur les travaux du stade. Nous sommes trop nombreux pour laisser la ville sombrer sans stade aujourd’hui. La jeunesse est privée d’espace sportif. C’est cette cohésion et cette union que je demande à la jeunesse et aux fils de Kindia afin de redonner cet espace aux jeunes. Après cela, nous pourrons revenir sur l’équipe du Gangan », a-t-il lancé.
Par ailleurs, François Kamano estime que les dirigeants du club doivent davantage rapprocher l’équipe de la population afin de redonner de l’engouement autour du Gangan FC.
« C’est vrai qu’il y a un président, mais il faut aussi que le président se rapproche de la population afin que tout le monde se sente concerné par cette équipe. Aujourd’hui, quand le Gangan joue, il n’y a même pas 500 personnes au stade. Pourtant, il y a un potentiel énorme. Il faut communiquer davantage, aller vers les gens et leur faire comprendre que cette équipe appartient à toute la ville de Kindia. Même dans les villages reculés, on peut mobiliser les populations, remplir le stade et attirer des sponsors. C’est un long processus, mais il faut mettre cela en place en coordination avec le président du club », a-t-il ajouté.
Enfin, l’international guinéen pense que l’engagement des fils de Kindia pourrait encourager les autorités à accompagner ce projet sportif.

« Ce sur quoi j’insiste réellement, c’est la création d’un compte ou d’un numéro vert sur lequel chacun peut contribuer. Je pense que même le gouvernement pourra nous assister s’il voit notre engagement et notre volonté de financer nous-mêmes ce projet. Et je sais que le président, le général Mamadi Doumbouya, est quelqu’un qui a la main sur le cœur. J’espère qu’il tombera sur cette vidéo et qu’il pensera à la jeunesse de Kindia. J’espère également que ce message tombera dans les bonnes oreilles pour la réussite de ce projet », a conclu François Kamano.
Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com