Kindia : après la mort d’un étudiant par noyade dans une piscine à Foulaya, sa famille témoigne « Tout notre espoir reposait sur lui”
La communauté universitaire de Kindia est en deuil. Mamadou Ciré Diallo, étudiant en licence 2 au département Banque, Finance et Assurance de l’Université de Kindia, est décédé par noyade dans une piscine à Foulaya dans la soirée du mardi 19 mai 2026. Une disparition tragique qui suscite émotion, tristesse et nombreuses interrogations au sein de sa famille, de ses proches et de l’opinion publique.
Âgé de 21 ans et originaire de Mali-Yembéring, dans la préfecture de Mali, le jeune étudiant aurait perdu la vie dans des circonstances encore non élucidées. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, Mamadou Ciré Diallo se trouvait avec des camarades dans ce lieu de détente lorsque le drame s’est produit, entre 19h et 20h, au moment où les responsables demandaient aux visiteurs de quitter les lieux. Quelques instants plus tard, son corps sans vie a été repêché dans la piscine par des personnes présentes sur les lieux. Une scène bouleversante qui a plongé sa famille et ses amis dans une profonde douleur. Le père de la victime, Bah Abdoul Gadiri, chargé des ressources humaines à l’IRE de Boké, raconte avec émotion les derniers échanges qu’il a eus avec son fils quelques heures avant le drame.
<<Hier vers 17h, il m’a appelé pendant que j’étais à l’IRE pour la prière. Quand je suis revenu, j’ai vu son appel en absence et je l’ai rappelé. Nous avons parlé des cours intensifs à l’université parce qu’ils voulaient terminer le programme avant la fin de l’année. Il m’a demandé de l’argent pour son transport et je lui ai envoyé immédiatement. Il était content et moi aussi j’étais heureux. >>
Très affecté, le père explique ensuite comment la famille a appris la terrible nouvelle.<< Vers 21h, un de ses amis a appelé ma femme pour lui dire que Mamadou Ciré n’était plus avec eux avant de couper directement le téléphone. J’ai immédiatement contacté son tuteur à Kindia. Après plusieurs appels, nous avons finalement appris qu’il était décédé. >> Le père décrit son fils comme le principal espoir de la famille.
<<Il avait 21 ans. C’était le fils aîné de la famille. Tout notre espoir reposait sur lui. Nous avions déjà préparé son avenir pour poursuivre ses études à l’extérieur du pays. Il avait déjà son passeport et tous ses documents. Il ne restait que certaines démarches. Aujourd’hui, c’est une douleur immense, mais nous nous remettons à la volonté de Dieu. >>
De son côté, la mère de la victime, Mme Bah Djamilatou, peine encore à accepter cette disparition brutale.
<<Ce n’était pas seulement mon fils, c’était mon confident. Il connaissait tous mes secrets. Malgré que ce soit un garçon, c’est à lui que je me confiais le plus. Je ne pensais jamais vivre une telle douleur. >> Entre larmes et émotion, elle évoque les sacrifices consentis pour l’éducation de son enfant.
<<Durant des années, je l’ai formé et suivi dans ses études. Je savais qu’il était presque à la fin de son cursus universitaire. Je pensais qu’il allait bientôt prendre la responsabilité de la famille pour m’aider. Il était tout pour moi. >>
Le jeune frère de la victime, Bah Amadou Oury, parle lui aussi d’une perte immense pour toute la famille.
<<C’est dans les environs de 21h qu’un de ses amis nous a appelés pour demander le numéro de son tuteur en nous laissant ce message : “Mamadou Ciré nous a laissés.” C’est ainsi que nous avons commencé à chercher des informations avant d’apprendre qu’il était mort par noyade dans une piscine. >>
Il ajoute avec émotion
<<C’était notre modèle, notre héros. Il représentait toute la famille. Même hier encore, tout allait bien lorsqu’il a parlé avec les parents. Jusqu’à présent, nous n’arrivons pas à réaliser qu’il n’est plus parmi nous. >>
Mamadou Ciré Diallo avait grandi entre Fria et Boké, où il avait obtenu son brevet et son baccalauréat avant de rejoindre l’Université de Kindia pour poursuivre ses études supérieures.Alors que les circonstances exactes de cette noyade demeurent encore floues, ce drame continue de susciter émotion et interrogations au sein de la communauté universitaire de Kindia.
À noter que ,les obsèques du défunt ont eu lieu ce mercredi 20 mai 2026 au cimetière de Damakania, après la prière de 16 heures.
Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com