Kindia: Immersion dans certains centre de lavage entre difficulté et espoir.

Dans la commune urbaine de Kindia, nombreux sont les jeunes qui se tournent aujourd’hui vers le lavage des engins roulants pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Dans plusieurs quartiers de la ville, cette activité attire aussi bien des jeunes déscolarisés que des élèves qui cherchent à gagner honnêtement leur vie après les cours. Notre correspondant a fait le tour de quelques centres de lavage afin de découvrir les réalités de cette activité devenue une véritable source de revenus pour plusieurs jeunes.Au quartier Manquepas, derrière le Centre de Formation Professionnelle (CFP), un jeune revenu de l’aventure a mis en place un espace de lavage d’engins roulants.

Aujourd’hui, grâce à cette initiative, plus d’une vingtaine de jeunes y travaillent quotidiennement.

<< J’ai vécu assez longtemps à l’extérieur, mais depuis mon retour au pays, j’ai créé cette activité de lavage. Aujourd’hui, je me débrouille bien et plus de vingt jeunes travaillent avec moi ici. Nous lavons les voitures à 30 000 francs guinéens et les motos entre 10 000 et 15 000 francs selon les cas. Les revenus sont partagés à 50 %. Par exemple, pour une moto lavée à 15 000 francs, le jeune prend 7 500 et moi également. Pour une voiture à 30 000 francs, chacun reçoit 15 000 francs.Nous invitons les jeunes à ne pas rester dans les bars-cafés sans rien faire. Il faut se battre dans la vie et ne pas toujours attendre l’aide de l’État. L’aventure n’est pas facile >>, explique-t-il.

Pour Mamadou Oury Diallo, cette activité contribue aussi à éloigner les enfants de la délinquance et du banditisme.

<<Nous travaillons avec ces enfants pour qu’après l’école, ils ne restent pas à la maison sans occupation. Ils viennent ici laver les engins afin de subvenir à leurs besoins et participer aux frais de leurs études. Cela permet aussi d’éviter la délinquance. Mais parfois, nous sommes confrontés à des malentendus avec certains enfants difficiles à gérer. Nous n’acceptons pas ce genre de comportements ici >>, souligne-t-il.

De son côté, Fodé Soumah affirme que cette activité lui permet de couvrir certaines dépenses malgré les difficultés rencontrées.

<< Quand je quitte l’école l’après-midi, je viens laver les engins roulants pour ne pas rester les bras croisés à la maison. Cela permet aussi d’éviter la délinquance, car rester sans rien faire peut conduire au banditisme. Ici, je travaille tranquillement sans stress. Après avoir payé la part du propriétaire, je rentre à la maison.Certains jours, je peux gagner entre 20 000 et 100 000 francs guinéens. Mais nous rencontrons beaucoup de difficultés, surtout le manque d’eau pendant la saison sèche. Parfois, nous restons sans travailler à cause de cela. J’invite aussi mes collègues à éviter l’oisiveté et à apprendre une activité après les cours, même si ce n’est pas le lavage >>, témoigne-t-il.

À noter que, le lavage des engins roulants apparaît ainsi comme une alternative pour plusieurs jeunes en quête d’autonomie financière. Malgré les difficultés liées notamment au manque d’eau et aux conditions de travail, cette activité contribue à lutter contre l’oisiveté et à encourager la culture du travail chez les jeunes.

Par Mohamed camara pour lerenifleur224.com