Ibrahima Sory II Tounkara au WADME : « Renforcer l’État de droit pour sécuriser les investissements miniers et énergétiques » (Discours)
À l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 4ᵉ édition du Weekend Africain du Droit Minier et de l’Énergie (WADME), ce vendredi 1er mai 2026 à Conakry, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a prononcé un discours fort, plaçant le droit et la justice comme piliers essentiels du développement durable des industries extractives en Afrique. Devant un parterre d’acteurs institutionnels, de praticiens du droit, d’experts du secteur minier et de partenaires internationaux, il a réaffirmé l’engagement de la Guinée à renforcer la sécurité juridique, à lutter contre la corruption et à bâtir un environnement des affaires crédible et attractif. Pendant trois jours, cette plateforme d’échanges et de réflexions réunira les intelligences africaines autour des défis juridiques liés aux ressources naturelles, dans un contexte marqué par des réformes ambitieuses et des projets structurants comme Simandou 2040.
Ci-dessous le discours intégral du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme 👇👇👇

Monsieur …..Monsieur …….Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les représentants des missions diplomatiques et consulaires,
Monsieur l’Agent Judiciaire de l’État,
Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Guinée,Messieurs les Bâtonniers des pays invités,
Monsieur le Président de l’Institut de Formation et d’Expertise Juridique,
Monsieur le Président de la Chambre des Mines de Guinée,
Distingués invités, en vos rangs, grades et qualités,
C’est avec un immense honneur et un réel plaisir que je prends la parole aujourd’hui pour procéder à l’ouverture de cette édition 2026 du Weekend Africain du Droit Minier et de l’Énergie (WADME), qui se tient une nouvelle fois dans notre belle capitale, Conakry.
Le WADME s’est incontestablement imposé comme un rendez-vous essentiel pour les professionnels du droit et les acteurs des secteurs minier et énergétique en Afrique. Cette plateforme d’échanges illustre parfaitement l’importance cruciale de l’articulation entre le droit, la justice et le développement économique de nos industries extractives. Je tiens, à cet égard, à saluer l’initiative et l’engagement constant des organisateurs, notamment l’Institut de Formation et d’Expertise Juridique ainsi que le Barreau de Guinée, pour la constance de leurs efforts visant à inscrire durablement cet événement dans l’agenda juridique africain.
Mesdames et Messieurs,
Sous le leadership visionnaire de Son Excellence Mamadi Doumbouya, Président de la République, la Guinée poursuit avec détermination la transformation structurelle de son secteur minier et de son système judiciaire. Depuis le 5 septembre 2021, notre pays a engagé une série de réformes ambitieuses visant à renforcer la gouvernance, à améliorer la transparence et à maximiser les retombées économiques de l’exploitation de nos ressources naturelles. Le Ministère de la Justice se tient fermement aux côtés de ces réformes. Notre gouvernement reste déterminé à renforcer l’État de droit, à lutter contre la corruption et à créer un environnement juridique stable, rassurant et prévisible pour les investisseurs. Ces réformes visent à faire de notre système judiciaire un véritable garant de la sécurité juridique des investissements miniers et énergétiques. La Justice guinéenne est pleinement mobilisée pour accompagner ces avancées, veillant au strict respect des lois et des engagements contractuels. La lutte contre l’impunité et la corruption demeure une priorité absolue. La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) et le renforcement continu des capacités de nos magistrats spécialisés illustrent notre détermination sans faille à assainir le climat des affaires en Guinée. Un environnement des affaires sain est la condition sine qua non pour attirer des investissements durables et structurants.
Mesdames et Messieurs,
L’ensemble de ces réformes s’inscrit dans une vision plus large portée par l’ambitieux programme Simandou 2040. Le projet Simandou dépasse largement le cadre d’un simple projet minier ; il est le catalyseur de la transformation économique de notre nation. Il repose sur le développement d’infrastructures majeures, la promotion de l’industrialisation avec l’objectif de disposer de plusieurs raffineries d’alumine d’ici 2030, et un investissement massif dans le capital humain, comme en témoignent les nombreuses bourses d’études octroyées à notre jeunesse.Dans cette dynamique de transformation locale et de développement d’infrastructures multi-usages, le rôle du droit est absolument central. Les juristes, et en particulier les praticiens du droit minier, ont une responsabilité essentielle : celle de sécuriser les investissements massifs liés à Simandou 2040, d’encadrer des relations contractuelles complexes et de garantir un équilibre juste entre les intérêts de l’État, des investisseurs internationaux et des populations locales.
C’est pourquoi mon département s’engage à poursuivre la modernisation de notre centre de formation judiciaire, avec l’intégration renforcée de modules spécifiques au droit minier, aux grands contrats d’infrastructures et à l’énergie. Il est impératif que nos professionnels du droit soient au diapason des enjeux posés par des projets de l’envergure de Simandou. Je vous invite tous à participer activement aux panels et ateliers programmés durant ces journées. Vos expertises, vos analyses et vos perspectives enrichiront nos débats et contribueront à l’élaboration de solutions juridiques innovantes, rassurantes pour les investisseurs et adaptées aux réalités de notre développement.
À l’issue de cette rencontre, je souhaite que les recommandations formulées soient transmises au Ministère de la Justice pour analyse. Notre engagement est de transformer ces propositions en actions concrètes pour continuer à améliorer le climat des affaires et accompagner le développement harmonieux de nos industries extractives.
Je remercie chaleureusement tous les participants nationaux et internationaux pour leur présence, témoignant de l’intérêt croissant pour un secteur minier africain juridiquement sécurisé, responsable et créateur de valeur.
Sur ces mots, et avec tous mes vœux de succès pour vos travaux, je déclare officiellement ouverte l’édition 2026 du Weekend Africain du Droit Minier et de l’Énergie.Je vous remercie de votre aimable attention.
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