Depuis la publication du communiqué du Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA) sur le paiement des redevances lors des spectacles, une vague d’interrogations secoue les organisateurs. Entre inquiétudes et incompréhensions, beaucoup se demandent désormais quel est le rôle réel de la Direction Générale des Spectacles (DGS) face à celui du BGDA. Cette confusion, nourrie par des interprétations parfois hâtives, a même donné lieu à des échanges directs entre responsables des deux institutions. Autour d’un dialogue franc et teinté d’humour, une clarification s’impose : loin de se concurrencer, le BGDA et la DGS jouent des rôles complémentaires et indispensables. L’un encadre l’organisation matérielle et sécuritaire des spectacles, tandis que l’autre protège les œuvres et garantit les droits des créateurs. En somme, deux piliers d’un même édifice culturel, dont l’équilibre conditionne la réussite de tout événement artistique.
BGDA et AGS (actuelle DGS) — BON À SAVOIR :
Depuis le communiqué du BGDA relatif au paiement des redevances de droits d’auteur pendant les spectacles, mon téléphone est devenu une véritable hotline improvisée. Les organisateurs de spectacles m’appellent incessamment, inquiets, parfois même paniqués : « Mais alors DG, dites-nous, si le BGDA durcit le ton, à quoi sert encore la Direction Générale du Spectacle ? »
Franchement, j’ai failli répondre :« Eh bien, sans la DGS, vous risquez d’organiser des spectacles le même jour sur les mêmes espaces (chevauchement de dates), d’avoir moins de places assises que de tickets vendus, des sorties de secours inexistantes et des vigiles absents… Mais sans le BGDA, vous n’aurez pas de chansons, pas de musique, pas d’œuvres. Bref, un spectacle sans spectacle ! » Comme je ne voulais pas que cette ironie reste une simple punchline, j’ai tout de suite compris la nécessité d’expliquer encore la différence entre nos deux institutions (le BGDA et la DGS).Alors, autour d’un café 🍵 avec mon cher frère, le Directeur Général Adjoint de la DGS, je lui ai fait savoir que certains pensent que mon communiqué empiète sur les prérogatives de la DGS. Nous avons ri de cette réaction des entrepreneurs de spectacle, mais surtout, nous avons convenu qu’il nous faut prendre le temps d’expliquer quelques subtilités aux partenaires de nos deux institutions. En effet, la Direction Générale du Spectacle (DGS) est le garant de l’organisation d’un spectacle : sécurité, conformité des places, contrôle des objets interdits, calendrier national des programmations… Elle s’assure que le spectacle existe physiquement et se déroule sans chaos.
En revanche, le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA) est le gardien du fond : les œuvres, les chansons, les créations artistiques. Le BGDA veille à ce que les œuvres soient déclarées, autorisées, que leurs auteurs soient identifiés en amont à travers une fiche de programmation du spectacle, et rémunérés après celui-ci. Alors, pour ceux qui se posaient encore la question : la DGS s’occupe de la scène, et le BGDA s’occupe de ce qui la fait vibrer. L’un sans l’autre, c’est comme un concert sans public… ou un public sans concert. Bref, si vous voulez un spectacle sans artistes, sans œuvres, sans chorégraphes, adressez-vous uniquement à la DGS : elle vous garantira des chaises bien alignées, des sorties de secours impeccables et des vigiles vigilants… mais sans exécution artistique.
À l’inverse, si vous voulez des œuvres sans spectacle, des artistes muets, des haut-parleurs sans volume…, venez au BGDA : il vous autorisera des chansons, des poèmes et des musiques… mais à écouter dans votre salon, sans scène ni projecteurs.Mais si vous voulez un vrai spectacle, celui qui fait battre le cœur du public et vibrer le stade (comme le concert retour des Espoirs ou encore celui de SD), il faudra régulariser la tenue du spectacle à ces deux niveaux : la DGS pour la forme et le BGDA pour le fond.Parce qu’entre la DGS qui s’assure que personne ne se bouscule, et le BGDA qui s’assure que les auteurs ne soient pas spoliés, nous sommes comme les deux jambes d’un même danseur : essayez d’en enlever une, et vous verrez le résultat… pas très gracieux !
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