Polémique autour des droits d’auteur : Moussa Fofana (DG, BGDA) répond aux artistes et clarifie les chiffres
Face aux critiques et incompréhensions exprimées par certains artistes guinéens, le Directeur général du Bureau Guinéen du Droit d’Auteur (BGDA), Moussa Fofana, est monté au créneau ce jeudi pour apporter des éclaircissements détaillés sur la gestion et la répartition des droits d’auteur au titre de l’exercice 2025.
Dès l’entame de son intervention, Moussa Fofana a tenu à situer le contexte
« C’est justement pour faire taire quelques rumeurs et des sujets de désinformation à l’égard du grand public que je m’apprête à répondre. » Il rappelle que le BGDA, créé en 1980, a renforcé ces dernières années sa politique de communication, notamment à travers des conférences de presse destinées à informer les auteurs et l’opinion publique.
La dernière en date, tenue le 13 avril, portait à la fois sur la répartition des droits et sur l’introduction de solutions numériques. Selon lui, cette modernisation vise à garantir plus de transparence et d’efficacité, notamment à travers la digitalisation des paiements via Orange Money. Un vaste travail de recensement des auteurs, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays, a été mené afin de collecter leurs informations et sécuriser les transactions.
Sur le fond de la polémique, le Directeur général insiste sur une confusion majeure entretenue par certains artistes. Les 13 milliards de francs guinéens évoqués publiquement correspondent à l’ensemble des droits collectés en 2025 sur neuf catégories différentes, et non à une somme destinée à être répartie uniformément.
« Les “Grands Droits” que certains évoquent ne représentent en réalité que 4 milliards 225 millions à répartir entre 4 893 bénéficiaires », précise-t-il.
Il souligne également que le système de répartition repose sur des critères stricts liés à l’exploitation réelle des œuvres. Ainsi, tous les artistes ne peuvent prétendre aux mêmes montants.
« Tel droit, telle répartition pour tel auteur », résume-t-il, rappelant que les revenus dépendent directement de l’utilisation effective des créations sur différentes plateformes ou supports.
Moussa Fofana met par ailleurs en avant des avancées inédites. Pour la première fois, certains artistes ont perçu des montants significatifs issus de nouveaux droits, notamment ceux liés à la communication au public, avec des paiements atteignant parfois 40 à 60 millions de francs guinéens. Il regrette toutefois que ces cas positifs soient peu relayés dans le débat public.
Le DG du BGDA annonce également un calendrier de paiements progressifs pour d’autres catégories de droits encore méconnues des créateurs, comme le catalogue Syliphone, la copie privée ou encore les droits d’exécution publique. Des répartitions qui, selon lui, marquent une rupture avec les pratiques passées où ces droits n’étaient tout simplement pas versés.
Enfin, il invite les artistes à privilégier les canaux officiels pour toute réclamation, notamment via la plateforme numérique du BGDA, plutôt que de s’exprimer dans les médias sans vérification préalable.
À travers cette sortie, Moussa Fofana cherche avant tout à rétablir les faits et à apaiser les tensions. Si des zones d’ombre subsistent pour certains artistes, la direction du BGDA insiste sur la nécessité de mieux comprendre les mécanismes de répartition et d’accompagner la modernisation en cours. Entre pédagogie institutionnelle et exigences de transparence, le débat sur les droits d’auteur en Guinée semble loin d’être clos.
Par Ousmane Baldé, pour lerenifleur224.com