Justice en Guinée : une nouvelle loi organique pour renforcer le Conseil supérieur de la magistrature

Le Conseil national de la Transition (CNT) a franchi une étape importante dans la réforme du système judiciaire guinéen, en adoptant à l’unanimité, ce mardi 14 avril 2026, une loi organique consacrée aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature.

La décision a été prise lors d’une séance plénière tenue au Palais du Peuple.

Porté par le conseiller national Dr Jean Paul Kotembèdouno, au nom de la Commission chargée des affaires constitutionnelles, des lois organiques, de l’administration publique et de l’organisation judiciaire, ce projet de loi s’inscrit dans la mise en conformité des institutions avec la Constitution adoptée en septembre 2025. Celle-ci consacre notamment l’indépendance du pouvoir judiciaire comme un pilier fondamental de l’État de droit.

Dans son analyse, la Commission a rappelé que la Constitution établit les bases du fonctionnement de la justice, tout en laissant à une loi organique le soin d’en préciser les mécanismes. C’est dans ce cadre que le CNT, exerçant le pouvoir législatif durant la période de Transition, a pris l’initiative de cette réforme jugée majeure.

Le texte adopté introduit plusieurs changements significatifs visant à moderniser l’institution. Parmi les principales innovations figurent l’élargissement de la composition du Conseil pour une meilleure représentativité, l’exigence d’au moins dix années d’expérience pour les magistrats candidats, ainsi que la création d’un Secrétariat général doté de moyens administratifs.

De nouvelles dispositions ont également été prévues pour assurer la continuité des travaux en cas d’absence de certains membres. Par ailleurs, les chefs de juridictions et les responsables du parquet disposent désormais du droit de saisir directement le Conseil, renforçant ainsi son rôle dans la régulation du corps judiciaire.

Structurée en six chapitres, cette loi organique aborde de manière exhaustive les missions du Conseil supérieur de la magistrature, son organisation interne ainsi que le fonctionnement de son Secrétariat général, jusqu’aux dispositions finales.

Adoptée à l’unanimité par les conseillers nationaux, cette réforme marque une avancée notable dans le processus de refondation de l’État en Guinée. Elle vise à consolider l’indépendance de la justice, à renforcer la crédibilité des institutions judiciaires et à instaurer durablement la confiance des citoyens dans l’État de droit.

Par le Renifleur