Aly Touré : « mon engagement contre la corruption reste intact (…) Nous poursuivrons le dynamisme pour le bien de la justice »

Après sa nomination à la tête de la Cour d’appel de Conakry, l’ancien procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, a officiellement pris fonction ce jeudi 9 avril dans l’enceinte de ladite institution.

La cérémonie solennelle a été marquée par un discours empreint de reconnaissance, de fermeté et de projection vers les défis à venir dans l’appareil judiciaire guinéen. Dans une allocution à la fois émotive et déterminée, le magistrat est revenu sur ses quatre années passées à la tête du parquet de la CRIEF.

« Après quatre années passées à la tête de la Cour de répression des infractions économiques et financières, au niveau du parquet, j’ai collaboré avec des hommes et des femmes loyaux. J’ai travaillé avec une véritable famille. Leur attention, leur engagement et leur soutien n’ont jamais fait défaut dans toutes les épreuves liées à la conduite du parquet de la CRIEF », a-t-il déclaré.Évoquant les moments les plus éprouvants de son mandat, Aly Touré a révélé avoir été confronté à des menaces de mort dès le début de sa mission.

« J’ai été menacé de mort aux premières heures de mon activité. La presse en a largement fait écho. Mais cet événement a renforcé et galvanisé mon engagement dans la lutte contre la corruption. Je suis magistrat, et de surcroît magistrat du parquet à l’époque », a-t-il dénoncé. S’adressant ensuite à ses anciens collaborateurs, il a tenu à leur adresser un message fort, empreint de continuité et de solidarité

« Je voudrais m’adresser particulièrement à mes anciens collaborateurs de la CRIEF. À vous qui êtes présents dans cette salle, sachez que nous ne nous quittons pas. Avec ce décret, une page de ma vie professionnelle se tourne, celle des poursuites. Une autre s’ouvre, celle de juger, un défi encore plus grand et plus difficile. Mais ces deux pages font partie d’un même livre appelé justice. Avec l’aide de Dieu et le soutien constant de ma famille, nous relèverons ce défi. »

S’adressant enfin à ses nouveaux collaborateurs de la Cour d’appel de Conakry, Aly Touré a appelé à l’unité et à la poursuite des efforts. Se présentant comme un homme de dialogue, il a exprimé sa volonté de consolider les acquis de son prédécesseur tout en instaurant un climat de concertation au sein de l’institution.

« À nos collègues de la Cour d’appel de Conakry, vous n’êtes pas des étrangers pour moi. Nous partageons, pour la plupart, la même promotion. Le dynamisme que vous avez insufflé ici sera poursuivi dans ses aspects positifs, pour le bien de la justice. Je suis conscient des responsabilités qui incombent à la Cour d’appel. Juger n’est pas facile. C’est un sacerdoce qui, en réalité, n’appartient qu’à Dieu. Mais pour éviter le désordre, il faut une organisation où des hommes et des femmes sont chargés de dire le droit. »

À travers cette prise de fonction, Aly Touré ouvre une nouvelle étape de sa carrière judiciaire, marquée par le passage du rôle de poursuivant à celui de juge. Fort de son expérience à la CRIEF et déterminé à relever les défis qui l’attendent, il entend inscrire son action dans la continuité, tout en renforçant la crédibilité et l’efficacité de la justice guinéenne.

Par Bountou Sylla, pour Lerenifleur224.com