Le Tribunal de première instance (TPI) de Kaloum a ouvert, ce jeudi 17 mars 2026, le procès de Lamba Distel Kanté. Ce prestataire de services est poursuivi pour « faux et usage de faux » à la suite d’une plainte déposée par Mohamed Camara, Directeur des affaires juridiques et consulaires au ministère des Affaires étrangères.
En détention provisoire depuis le 29 septembre 2025, le prévenu a fermement plaidé non coupable. Selon sa déposition, il aurait simplement servi d’intermédiaire pour une connaissance, une certaine Sarah Sacko, désireuse d’obtenir un certificat de célibat.
Lamba Distel Kanté explique avoir récupéré le document à la mairie de Dixinn avant de le confier à un certain Alphadio Cissé pour la légalisation ministérielle
« J’ai remis l’acte à mon supérieur, Alphadio Cissé, qui prétendait travailler au ministère des Affaires étrangères. J’avais l’habitude de passer par lui. Je ne savais absolument pas que la signature et le cachet du ministère avaient été imités. Depuis mon interpellation, il est introuvable. »
De son côté, Mohamed Camara, dont la signature a été contrefaite, ne décolère pas. Ce professeur d’université et expert juridique affirme que cette action en justice dépasse son cas personnel : il s’agit d’une lutte contre une pratique systémique de falsification.
Il a souligné devant la juge Appoline Gobou Théa que le document en question était doublement frauduleux : non seulement la forme était fausse, mais le fond l’était aussi, la bénéficiaire étant déjà mariée.
« Ma signature est constamment imitée. Je demande un franc symbolique, car mon but n’est pas de nuire, mais de faire cesser ces manœuvres compromettantes pour l’État », a-t-il déclaré.
Face à ces versions divergentes et à l’absence du mystérieux collaborateur cité par la défense, le tribunal a ordonné le renvoi de l’affaire. Les débats reprendront le 26 mars 2026.
Par Diaraba Aly, pour Lerenifleur224.com