Crise de liquidité en Guinée : le Forum civil appelle l’État à restaurer la confiance

Depuis plusieurs mois, les Guinéens font face à une crise de liquidité sans précédent. Accéder à de l’argent en espèces est devenu un problème majeur pour les citoyens, une situation qui inquiète fortement les acteurs de la société civile guinéenne.
À travers une conférence de presse tenue ce mardi 17 mars 2026, le Forum civil guinéen s’est exprimé sur cette question préoccupante.

Pour Ibrahima Balaya Diallo, cette crise s’explique en grande partie par les difficultés de remboursement de l’État envers les banques primaires.
« Le problème que nous avons aujourd’hui est clair. Certains ont tenté de le minimiser, mais il ne s’agit pas d’un problème conjoncturel, c’est un problème structurel. Il y a eu, si je ne me trompe pas, un emprunt d’environ 5 000 milliards auprès des banques primaires. Si le remboursement ne se fait pas correctement, les banques ne peuvent pas satisfaire les demandes des épargnants », a-t-il expliqué.
Il illustre cette situation par son expérience personnelle

« Comme beaucoup de citoyens, je reçois mes paiements par virement. Mais depuis le mois de mars, il m’est impossible de retirer 2 millions de francs. Aujourd’hui, je me déplace avec mes cartes et mon chéquier en banlieue, ce que je ne faisais pas auparavant. Dès qu’on en a l’occasion, on retire de l’argent. Voilà la réalité actuelle. »
Selon lui, cette crise est avant tout une crise de confiance.

« L’État doit rembourser ses dettes envers les banques pour fluidifier la situation. Quand les citoyens ne peuvent plus accéder librement à leur argent, ils préfèrent le conserver chez eux. Cela aggrave encore la rareté des liquidités », a-t-il ajouté.
Réagissant à certaines propositions visant à changer la monnaie, Ibrahima Balaya Diallo se montre sceptique

« Une réforme monétaire ne se fait pas de manière improvisée. Ceux qui thésaurisent trouveront toujours des moyens de contourner. Beaucoup convertissent leur argent en devises et le gardent. C’est la réalité. »
Il conclut en rappelant le rôle de la société civile

« Nous avons le devoir d’interpeller l’État et de lui rappeler ses responsabilités fondamentales. »
Face à cette crise persistante, les appels du Forum civil guinéen mettent en lumière l’urgence d’actions concrètes pour restaurer la confiance entre l’État, les banques et les citoyens. Sans mesures efficaces et rapides, la rareté des liquidités risque de s’aggraver, avec des conséquences importantes sur l’économie nationale et le quotidien des populations.

Par Ousmane Baldé, pour Lerenifleur224.com