Procès de l’assassinat d’Elhadj Hassimiou Diallo : Aveux partiels et dénonciations de tortures à la barre.

Le tribunal de première instance de Dixinn a ouvert, ce jeudi 5 mars 2026, le procès fleuve lié au meurtre de l’opérateur économique et cadre de l’UFDG, Elhadj Hassimiou Diallo. Si certains accusés reconnaissent des braquages, tous nient farouchement leur implication dans l’assassinat de l’homme politique.

​Dix-sept individus sont dans le viseur de la justice dans cette affaire qui secoue la capitale. Pour cette première audience de fond, treize accusés étaient présents dans le box. Le président du tribunal, Mohamed Sangaré, a entamé les débats par l’interrogatoire de trois profils clés, révélant un réseau de criminalité organisée, mais des versions divergentes sur le drame de Cobayah.

​ ​Les trois premiers prévenus ont adopté une stratégie similaire : reconnaître des faits de vol à main armée tout en se désolidarisant de l’assassinat d’Elhadj Hassimiou Diallo.

​Karamo Keïta (alias « Moko ») : Ce tôlier de 42 ans, déjà connu des services de police, a admis avoir participé à un braquage à la T6 contre un douanier. Arrêté avec un AK-47 et des munitions, il décline toute responsabilité dans la mort de l’opérateur économique : « Je ne connais pas les autres personnes avec qui on me juge », a-t-il martelé.

​Sékou Loua : Il a avoué avoir étranglé un gardien lors d’une attaque en septembre 2024 contre une vitrerie à la T8. Payé 2 millions GNF pour ce forfait, il affirme avoir agi sous l’emprise du « Bandji » (alcool artisanal) mais nie toute implication dans le meurtre de Cobayah.

​Mohamed Soumah (alias « Passy ») : Présenté comme chauffeur lors d’une opération à la T6, il reconnaît avoir transporté des sacs d’argent pour une commission de 1,8 million GNF, mais conteste fermement avoir servi de guetteur le soir du crime.

​La défense contre-attaque : L’ombre de la torture

​Le procès a pris une tournure tendue lorsque les accusés et leurs avocats ont remis en cause la validité de l’enquête préliminaire.

​« J’étais menotté et battu ; la plupart des déclarations du rapport ne sont pas les miennes », a lancé Sékou Loua pour justifier ses revirements. Mohamed Soumah a, quant à lui, montré au tribunal des cicatrices corporelles, affirmant qu’elles résultent de sévices subis durant sa garde à vue. Les avocats de la défense ont dénoncé en bloc :

​L’usage de la torture pour extorquer des aveux.

​L’absence de notification des droits lors des interpellations.

​Le manque d’assistance juridique durant l’instruction.

​Prochaine étape

​Face à l’ampleur des débats et le nombre d’accusés restant à entendre, le tribunal a ordonné le renvoi de l’affaire. La suite des interrogatoires est prévue pour le 26 mars 2026.

Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com