Kalédi face à l’abandon : un district en détresse, privé d’école, de soins et d’eau potable

Relevant de la sous-préfecture de Molota, dans la préfecture de Kindia, le district de Kalédi est aujourd’hui confronté à une situation humanitaire alarmante. La vie quotidienne des habitants se résume à une lutte permanente pour l’accès aux services sociaux de base. Éducation, santé, eau potable et lieux de culte : presque tout fait défaut dans cette localité laissée pour compte.

 

 

Selon Alseny Camara, chef du district, plus de quatre cents enfants vivent sans aucune activité scolaire, faute d’infrastructures éducatives. Une situation qui suscite une vive inquiétude chez les parents.

 

 

« Nous avons peur d’envoyer nos enfants en ville, au risque de les voir devenir de petits vendeurs d’eau dans les marchés, au détriment de leurs études », déplore-t-il.
L’absence d’école expose ainsi ces enfants à l’oisiveté, à la déscolarisation et à diverses dérives sociales, compromettant gravement leur avenir et celui de toute la communauté.
À cette crise éducative s’ajoute un grave déficit sanitaire. Kalédi ne dispose d’aucun centre de santé. En cas de maladie, les habitants sont contraints de parcourir de longues distances pour rejoindre la ville ou les localités voisines, une situation particulièrement dangereuse pour les femmes enceintes.
La présidente des femmes, Mabinty Camara, tire la sonnette d’alarme

 

« Lorsqu’une femme enceinte est sur le point d’accoucher, nous faisons face à d’énormes difficultés. Il nous faut parcourir plusieurs kilomètres pour rejoindre des localités disposant de structures sanitaires », explique-t-elle, avant de lancer un appel pressant aux autorités et aux personnes de bonne volonté.
Les conditions de vie sont davantage aggravées par le manque d’eau potable. Chaque jour, les femmes parcourent de longues distances pour s’approvisionner à la rivière, une source d’eau non traitée qui expose la population à de nombreuses maladies hydriques.
« À l’ère du XXIᵉ siècle, nous continuons à boire l’eau de la rivière », regrette le chef du district.
Même la mosquée, unique lieu de prière de la localité, se trouve dans un état de délabrement avancé. En saison pluvieuse, il devient presque impossible d’y accomplir les prières, faute d’infrastructures adaptées.
En attendant que ces cris de détresse trouvent une oreille attentive, les populations de Kalédi continuent de vivre dans des conditions extrêmement précaires.

 

 

Un quotidien marqué par l’abandon, où les enfants privés d’école et les familles privées de soins et d’eau potable espèrent encore une intervention salvatrice des autorités et des partenaires au développement.

 

Mohamed Camara
Pour Lerenifleur224.com