Adultère filmé et diffusé en ligne : le mari risque la prison, pas les amants (Kalil Camara, Juriste)
Une scène choquante secoue l’opinion publique en Guinée : un homme, découvrant sa femme en pleine infidélité avec un autre homme dans leur lit conjugal, a décidé de filmer les deux amants à moitié nus avant de publier la vidéo sur les réseaux sociaux. Si ce geste a suscité l’indignation et la compassion de certains internautes, la justice, elle, pourrait ne pas être de son côté.
Le juriste Kalil Camara apporte un éclairage juridique important sur cette affaire. Selon lui, « l’adultère n’est pas une infraction pénale en Guinée.
« Cela signifie que ni la femme infidèle ni son amant ne peuvent être poursuivis pénalement. Il s’agit certes d’une violation du devoir de fidélité au sein du mariage, mais la seule issue légale pour le mari trompé est d’introduire une demande de divorce », précise le juriste.
En revanche, c’est bien le mari qui pourrait avoir franchi la ligne rouge. Le fait de filmer des personnes sans leur consentement, dans une situation intime, puis de publier ces images constitue une infraction au regard du droit guinéen. Kalil Camara insiste :
« Ce comportement pourrait le conduire en prison, tout comme ceux qui relayent la vidéo ou les images sur les réseaux sociaux. »
Dans une société où la douleur de la trahison conjugale peut pousser à des réactions impulsives, cette affaire rappelle que la loi ne se base pas sur les émotions mais sur les faits. En voulant se venger publiquement, le mari pourrait se retrouver à en payer le prix le plus lourd.
Si l’adultère demeure une blessure morale et sociale pour le conjoint trahi, il ne justifie en aucun cas la violation de la loi. En Guinée, l’adultère n’est pas un crime, mais l’atteinte à la vie privée en est un. Cette affaire, au-delà du scandale, souligne l’importance de recourir aux voies légales pour gérer les conflits conjugaux, aussi douloureux soient-ils.
Par Le Renifleur