Ce dimanche 21 septembre 2025, les Guinéens se rendront aux urnes pour le référendum constitutionnel, une étape importante vers le retour à l’ordre constitutionnel après la prise du pouvoir par le Comité National de Rassemblement pour le Développement (CNRD) le 5 septembre 2021.
À la veille de ce scrutin référendaire, le Réseau ouest-Africain pour l’édification de la paix en Guinée ( WANEP- Guinée) en compagnie de ses partenaires techniques et financiers dans sa mission d’observation et du suivie électorale à l’issue d’un point de presse tenu ce samedi 20 septembre, a annoncé la mise en place de la salle de situation électorale qui travaillera du 20 au 22 septembre 2025 en étroite collaboration avec les 100 observateurs déployés dans les 8 régions administratives pour poursuivre l’alerte et apporter des réponses aux cotés des parties prenantes comme contribution à l’atténuation de la violence électorale.
Selon la déclaration lu par Nantènè Koné:

« La mise en place de la Salle de Situation Électorale (SSE) est une étape clé des contributions du WANEP et de ses partenaires dans le cadre du référendum. Ce dispositif fonctionne sur la base d’une mission d’observation et de suivi de la probable violence électorale totalement différente des missions classiques d’observation du fait de son plan de déploiement et sa stratégie de coordination. » a-t-il souligné.
Par ailleurs,il évoque que ce processus électoral se déroule dans un contexte marqué par entre autre :
– Une crise de confiance et une rupture de dialogue entre une partie des acteurs politiques et les autorités de la transition ;
– La suspension, pour diverses raisons, de plusieurs médias privés et de certains partis politiques ;
– L’appel au boycott du scrutin référendaire par certains leaders politiques et plateformes de la société civile ;
– L’interdiction des manifestations à caractère politique et civique sur l’espace public ;
– Les disparitions d’acteurs de la société civile.
Par la même occasion, il a fait le point sur les électeurs inscrit .
« Au titre de la liste électorale et des cartes d’électeurs, selon les données officielles, le corps électoral de la Guinée est composé de 6 768 458 électeurs inscrits, dont 3 493 251 femmes (52,26%). Ils sont répartis dans 23 662 bureaux de vote à travers 16 722 centres de vote, soit une moyenne de 286 électeurs par bureau de vote. En termes de répartition régionale, Conakry arrive en tête avec 1 543 022 électeurs (22,79%), suivie de Kankan avec 1 522 956 électeurs (22,50%), Kindia avec 882 649 électeurs (13,04%), N’Zérékoré avec 828 124 électeurs (12,24%), Boké avec 596 519(8,81%), Faranah avec 491 277 électeurs (7,25%), Labé avec 446 750 électeurs (6,60%) et Mamou avec 331 890 électeurs (4,90%). Les Guinéens de la diaspora représentent 125 271 électeurs (1,85%). » a-t-il fait savoir .
Dans le même cadre , il indique que des experts mobilisés par WANEP-Guinée , ont produit une cartographie des zones à risque de violence électorale sur la base de l’histoire des élections en Guinée et des enjeux des futures élections.
Quatre cent quatre-vingt-dix (490) unités administratives du pays ont été analysées et regroupées en cinq (05) catégories: « Zones à Risque Très Élevé », « Zones à Risque Élevé », « Zones à Risque Moyen »
, « Zones à risque Bas » et » Zones à Risque Très Bas » de tension voire violence électorale. C’est sur la base des besoins de présence physique dans certaines de ces zones que 100 observateurs dont 20 moniteurs à long terme ont été formés et déployés.
Au regard des craintes et défis évoqués, WANEP Guinée recommande :
Au Gouvernement
– De renforcer le dispositif de sécurité dans les zones à risque de violences électorales avant, pendant et après le référendum ;
– De travailler à rétablir un climat de dialogue inclusif et à respecter les droits et libertés fondamentales pour un environnement politique post référendum apaisé.
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A la Direction Générale des Élections (DGE),
– D’assurer une bonne opérationnalisation de son mécanisme de réponses rapides pour apporter des solutions appropriées aux cas de dysfonctionnements et d’irrégularités qui seront notés sur le terrain dès l’ouverture des bureaux de vote ;
– D’agir avec impartialité et dans le strict respect des dispositions de la loi spéciale portant modalités d’organisation du referendum
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– De renforcer son dispositif de communication et d’assurer une proactivité pour contrer les fausses informations sur les réseaux sociaux et autres médias parallèlement au déroulement de ce référendum ;
– De diffuser le pourcentage national de retrait des cartes d’électeurs.
Aux partis politiques
– De privilégier le dialogue et le recours aux voies légales pour les contestations et le règlement des probables différends ;
– De privilégier l’action responsable et sensible au conflit afin de limiter les risques de violence et pertes en vies humaines.
Aux forces de défense et de sécurité :
– De maintenir l’ordre dans le cadre légal et le strict respect des droits de l’homme;
– D’agir de façon professionnelle sur le terrain et respecter l’utilisation exclusive des armes conventionnelles lors des opérations de maintien d’ordre.
Aux institutions de protection et de promotion des droits humains :
– De continuer à interpeller les différentes parties prenantes au processus sur le strict respect des droits humains.
A la Haute Autorité de la Communication (HAC):
– De faire respecter par la presse nationale et internationale l’éthique et la déontologie du métier de journalisme en exigeant une couverture sensible aux conflits ;
– De veiller à la régulation, durant le scrutin, de toute information de nature à exacerber la tension ou l’incitation à la violence.
Aux leaders religieux et traditionnels :
– De continuer à prêcher la paix et la cohésion sociale.
Aux acteurs de la société civile :
– De poursuivre leur rôle de veille, d’alerte et de propositions des solutions concrètes.
Par ailleurs, la Salle de Situation Electorale (SSE) invite le WANEP et ses partenaires à s’engager aux côtés des autorités guinéennes pour l’observation de l’éthique, de l’intégrité et de la transparence du processus électoral sur le champ de la prévention et de l’atténuation des risques de violences susceptibles de nuire à la sécurité humaine en Guinée.
Par Bountou Sylla, pour lerenifleur224.com