Dans le but de protéger les migrants et leurs biens en Guinée, le Syndicat National pour la Promotion et la Protection des Travailleurs Migrants et leurs Familles en Guinée (SNPPTMG) a officiellement lancé ses activités ce jeudi 11 septembre 2025, lors d’une cérémonie organisée dans un réceptif hôtelier à Conakry.
Cette rencontre a mobilisé les membres de l’association ainsi que des ressortissants ivoiriens et sierra-léonais, entre autres. Le SNPPTMG, engagé aux côtés des migrants vivant en Guinée, affirme sa volonté de défendre les intérêts de ces travailleurs souvent exposés à des conditions précaires.
Pour la secrétaire générale du syndicat, Onipogui Makoura, la migration est bien plus qu’un simple phénomène : elle est devenue une question prioritaire de l’agenda politique et social africain. Elle souligne que le continent a toujours été marqué par une forte dynamique migratoire, alimentée par les réalités démographiques, les besoins du marché du travail, et parfois les crises politiques. Des avancées importantes ont été enregistrées dans ce domaine.
« La CEDEAO, dans une vision ambitieuse, a formulé dès 1979 des protocoles relatifs à la libre circulation des personnes, au droit de séjour et d’établissement. Ces textes visaient à bâtir une intégration régionale poussée. Pourtant, sur le terrain, la réalité est décevante : la non-application de ces protocoles est généralisée. Les législations nationales, y compris celle de la Guinée, ont timidement intégré ces normes. Les travailleurs migrants se retrouvent souvent en situation de grande vulnérabilité : exploitation, discrimination, déni de droits fondamentaux… Leur voix peine à se faire entendre », a-t-elle déploré.
Selon elle, face à l’inaction des syndicats existants et au manque de structures adaptées, la création du SNPPTMG s’est imposée comme une nécessité pour porter la voix des migrants et défendre leurs droits dans le pays.
De son côté, Mohamed Bangoura, Secrétaire chargé des Affaires extérieures de l’Union des ressortissants sierra-léonais en Guinée, s’est félicité de la mise en place de cette nouvelle structure

« Je suis fier de la création de ce syndicat. Cela me réjouit, car les Sierra-Léonais représentent environ 70 % des migrants en Guinée et 50 % de la main-d’œuvre migrante. Cette ONG est une protection pour nous. J’appelle tous les migrants à y adhérer, car c’est notre avenir, notre force. >>
Enfin, Lauraine Mireille, ressortissante ivoirienne vivant en Guinée, a exprimé son soulagement

« Je suis vraiment contente. Je souhaite que ce syndicat continue à exister pour aider tous nos frères migrants. Je suis motivée, car je peux désormais exercer mes activités librement, sans crainte. Je sais que nous avons désormais un soutien. Ensemble, nous allons avancer. >>
Par Ousmane Baldé pour lerenifleur224.com