Crise routière sur l’axe Labé-Conakry : Plus de 500 véhicules bloqués à Dalaba, les usagers à bout de souffle
Depuis plusieurs semaines, la route nationale reliant Labé à Conakry est devenue un véritable parcours du combattant pour les usagers. Les préfectures de Labé, Pita et Dalaba se trouvent pratiquement coupées du reste du pays en raison de la dégradation très avancée de cet axe stratégique.
À Dalaba, des centaines de véhicules, dont des camions de marchandises, sont bloqués, engendrant d’importantes conséquences économiques et sociales. Certains chauffeurs sont contraints de passer plusieurs jours dans cette zone, en attendant de pouvoir emprunter un itinéraire de substitution.
Face à cette situation, le syndicat des transports CNTG de Labé, par la voix de Mamadouba Banks Camara, chargé des conflits et négociations, tire la sonnette d’alarme. Il interpelle les autorités sur l’urgence d’intervenir pour désenclaver la région.

« Les conséquences sont énormes, c’est difficile à expliquer. Nous avons honte de parler devant nos chauffeurs, car ils souffrent énormément. Nous avons alerté à plusieurs reprises, mais aucune solution concrète n’a encore été apportée. Le syndicat a même mobilisé des fonds pour reprofiler un tronçon de la route au niveau de Bouliwel, dans l’espoir d’atténuer les souffrances des transporteurs. Aujourd’hui, le principal point de blocage se trouve à Thiankoun, où il est devenu pratiquement impossible de passer. C’est une honte pour le pays. Certains chauffeurs passent trois à quatre jours sur place, c’est pitoyable et inquiétant. Nous avons compté plus de 500 camions immobilisés entre Bouliwel et Dalaba », déplore-t-il.
Dans son plaidoyer, M. Camara en appelle à la responsabilité de l’État
« Nous lançons un appel urgent au gouvernement pour qu’il intervienne. Les forces de défense et de sécurité sont postées à tous les barrages, mais rien n’est fait pour désenclaver cette route nationale. Les autorités doivent assumer leur rôle et aider les usagers à sortir de cette crise. »
La route Labé-Conakry n’est pas seulement un lien entre deux grandes villes, elle constitue un pilier vital pour l’économie et la cohésion nationale. Sa dégradation prolongée menace l’approvisionnement des marchés, freine les échanges et accentue l’isolement des populations de l’intérieur du pays. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, cette situation pourrait dégénérer en crise humanitaire et économique. L’appel des transporteurs est un cri du cœur que les autorités ne peuvent plus ignorer.
Par Thierno Chérif Souaré, depuis Labé, pour lerenifleur224.com