Sanction contre Lamine Guirassy : Asmaou Barry s’insurge : ‘’La presse guinéenne mérite mieux’ »

La réaction ne s’est pas fait attendre. Moins de 24 heures après l’annonce de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) interdisant à Lamine Guirassy, PDG du groupe Hadafo Médias, d’exercer le journalisme « jusqu’à nouvel ordre », la conseillère du Conseil National de la Transition (CNT), Asmaou Barry, a vivement dénoncé cette sanction, dans une publication virulente sur son compte Facebook.

En cause, un tweet attribué à M. Guirassy concernant un prétendu séisme survenu à Petit Simbaya. La HAC, s’appuyant sur l’article 106 de la Loi sur la liberté de la presse, accuse le journaliste de diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public. Mais pour Asmaou Barry, cette mesure radicale manque de fondement et de discernement.

« Cette sévère (et même méchante) sanction infligée à ce promoteur de médias sonne comme un coup de massue », écrit-elle.

Dans sa déclaration, Mme Barry remet en question la rigueur de l’instruction ayant conduit à cette décision.

« A-t-on établi avec certitude que Lamine Guirassy est bien l’auteur du tweet ? », interroge-t-elle. Elle soulève également la possibilité d’un piratage du compte ou d’une erreur isolée, pointant l’absence d’éléments publics permettant d’écarter ces hypothèses.

Elle rappelle en outre que l’article 106 évoque des sanctions pécuniaires pour des cas avérés de mauvaise foi.

« Or, la mauvaise foi n’est pas un automatisme : elle doit être prouvée », souligne-t-elle, demandant si la HAC a réellement démontré l’intention de nuire de M. Guirassy.

Cette nouvelle décision intervient un an après la fermeture controversée de plusieurs médias du groupe Hadafo, un épisode encore frais dans les mémoires. Pour Asmaou Barry, ce contexte ne peut être ignoré

« Cette décision contre Lamine Guirassy s’apparente à de l’acharnement », affirme-t-elle, s’interrogeant sur les motivations profondes de l’autorité de régulation.

Dans un ton ferme mais mesuré, la conseillère du CNT appelle la HAC à retrouver le sens de sa mission première : réguler, et non réprimer. « À force de tirer sur tout ce qui bouge, elle risque de se transformer en instrument de répression », avertit-elle, déplorant un climat de suspicion généralisée envers les acteurs de la presse.

La sortie de Mme Barry relance le débat sur la liberté d’expression et la place des médias dans la transition guinéenne. Si la HAC n’a pas encore réagi à cette critique, l’affaire Lamine Guirassy semble désormais cristalliser les inquiétudes sur les dérives possibles d’une régulation jugée de plus en plus autoritaire.

 

Ci-dessous la réaction intégrale de la Conseil du Conseil National de la Transition (CNT)

 

 

 

Une sanction. Un abus de pouvoir. Une indignation.

Lamine Guirassy, interdit d’exercer le journalisme jusqu’à nouvel ordre, pour un tweet qui lui est attribué au sujet d’un prétendu séisme à Petit Simbaya. Cette sévère (et même méchante) sanction infligée à ce promoteur de médias, sonne comme un coup de massue.

Si la HAC affirme se fonder sur l’article 106 de la Loi sur la liberté de la presse, plusieurs interrogations s’imposent. A-t-elle établi avec certitude que Lamine Guirassy est bien l’auteur du tweet en question ? A-t-elle envisagé la possibilité d’un piratage de son compte ? Et si M. Guirassy est effectivement à l’origine de la publication, s’agissait-il d’une première erreur ou d’une récidive ? La jurisprudence et l’esprit des lois invitent en pareil cas à tenir compte des circonstances atténuantes.

Par ailleurs, l’article 106 stipule que lorsqu’un tiers diffuse de fausses informations de mauvaise foi susceptibles de troubler l’ordre public, une sanction pécuniaire peut être envisagée. Or, la mauvaise foi n’est pas un automatisme : elle doit être prouvée. La HAC a-t-elle démontré que Lamine Guirassy agissait avec l’intention de nuire?

Un après la fermeture controversée de ses médias, cette décision contre Lamine Guirassy s’apparente à de l’acharnement.

Pourquoi une sanction aussi extrême aujourd’hui encore ?

Face à ces dérives, une chose est claire : la HAC gagnerait à faire preuve de retenue et de discernement. À force de « tirer sur tout ce qui bouge », elle risque de s’éloigner de sa mission première de régulation équilibrée pour se transformer en instrument de répression.

La presse guinéenne mérite mieux qu’un arbitraire sous couvert de régulation.

 

 

Asmaou