Lancement du mois de l’enfant 2025 : Charlotte Daffé donne le coup d’envoi à Sonfonia

La République de Guinée célèbre cette année les 33 ans du Mois de l’Enfant. Fidèle à son engagement, le gouvernement a réitéré sa volonté de renforcer les dispositifs légaux et institutionnels en matière de prévention et de prise en charge des violations des droits de l’enfant. Le thème central de l’édition 2025, inspiré de la Journée de l’Enfant Africain, est « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès depuis 2010 ».

 

 

C’est dans cette optique que, ce lundi 2 juin 2025, le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables a lancé, à Sonfonia, les activités du Mois de l’Enfant autour de ce thème.

Dans son discours de bienvenue, la présidente de la délégation spéciale de Sonfonia, Mme Madina Danssoko, a tout d’abord salué le choix porté sur sa commune pour abriter cette cérémonie.

 

« Conformément à la volonté de concrétisation des droits des enfants en lien avec les directives continentales, la commune de Sonfonia s’inscrit dans une dynamique de création d’un environnement communautaire pragmatique, favorable à la prise en compte des besoins des enfants. Cette démarche s’aligne sur la vision du programme de renforcement de la gouvernance locale, dont l’objectif est l’intégration des droits de l’enfant dans la budgétisation des collectivités locales. Nous ne pouvons rêver meilleure opportunité, chers parents, autorités, partenaires techniques et financiers, pour engager des initiatives de qualité en faveur de l’avenir de nos enfants.»

Elle a conclu en rassurant la ministre Charlotte Daffé :

« Je peux vous assurer que la commune de Sonfonia est pleinement engagée et déterminée à créer les meilleures conditions pour que toutes les politiques, dans tous les domaines, répondent de manière cohérente aux impératifs liés au bien-être des enfants guinéens. »

La présidente du Parlement des Enfants de Guinée, Mariame Diallo, a pour sa part prononcé une plaidoirie forte en faveur des enfants

 

 

« En lien avec le thème ‘Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès depuis 2010’, nous mettrons un accent particulier sur la mobilisation des autorités à tous les niveaux, ainsi que des partenaires, pour promouvoir une planification programmatique multisectorielle, sensible aux besoins des enfants. L’engagement du gouvernement s’est renforcé ces dix dernières années, notamment avec la révision du Code de l’enfant, la définition d’engagements pour mettre fin aux violences faites aux enfants dans le cadre du Partenariat mondial, et la révision en cours de la Politique nationale de l’Enfance. Cependant, les obstacles financiers et géographiques à l’accès effectif aux services sociaux de base freinent encore notre plein épanouissement. C’est pourquoi nous appelons à une augmentation significative des ressources publiques en faveur des enfants. »

Elle a terminé en lançant un appel vibrant

« Je renouvelle l’appel du Parlement des Enfants de Guinée à la responsabilité collective et à la mobilisation de chacun, pour faire des droits de l’enfant une priorité permanente. »

 

 

Dans son discours de lancement, prononcé aux côtés du ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, de la représentante de l’UNICEF et de Mme la Gouverneure de Conakry, la ministre Charlotte Daffé a précisé que de nombreuses activités seront menées au cours de ce mois.

 

 

« Lorsqu’un enfant est protégé, c’est une société qui respire. Lorsqu’il est oublié, c’est une nation qui s’essouffle. Sur le terrain, les défis restent importants. L’analyse de la situation des enfants en Guinée, menée en 2023 à partir de l’étude mondiale de 2018, révèle que 54,7 % des enfants vivent dans la pauvreté. En milieu rural, près de 90 % des enfants souffrent de privations multiples dans au moins trois dimensions essentielles : éducation, santé, eau, hygiène, nutrition, logement, protection ou accès à l’information. »

Elle a ajouté

 « Cette pauvreté généralisée constitue un frein majeur à l’exercice des droits de l’enfant, malgré l’existence d’un arsenal juridique national renforcé, notamment avec la révision du Code de l’enfant en décembre 2019. À ce titre, je salue et soutiens fermement le choix du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, de faire des conditions de vie des populations vulnérables une priorité. »

Poursuivant son allocution, la ministre a détaillé quelques activités prévues

« Tout au long du mois, des actions majeures seront menées, notamment des plaidoyers pour une augmentation du budget alloué à la protection de l’enfant, un soutien accru au Parlement des Enfants de Guinée, des mesures concrètes de prévention et de lutte contre les violences faites aux enfants, des initiatives de réunification familiale et le retrait des enfants de la rue. »

« Ce programme s’inscrit dans la Vision Nationale de Développement Simandou 2040, qui vise à apporter une réponse globale, multisectorielle et durable à ces enjeux. Concernant le secteur de l’enfance, nous veillerons à une planification rigoureuse et à une budgétisation équitable des besoins des enfants. »

 

 

À noter qu’en 2024, le Mois de l’Enfant guinéen avait permis plusieurs avancées notables, notamment :

L’identification de 5 236 enfants à risque d’abandon scolaire,

La distribution de kits scolaires à 1 709 d’entre eux,

L’organisation de la première immersion du Parlement des Enfants de Guinée à la Primature et dans divers ministères,

Et un appui en vivres et non-vivres aux enfants vivant dans des orphelinats.

 

 

Par Moussa Diaraba Keita, pour lerenifleur224.com