Clôture du Forum sur l’Avenir de la Presse en Guinée : ‘’La presse guinéenne ne doit pas aller à la dérive’’ le cri du cœur de Boubacar Yacine Diallo
Après trois jours de travaux intenses, les rideaux sont tombés ce mercredi 21 mai sur le Forum consacré à ‘’ l’avenir de la presse en Guinée’’. Cette rencontre, qui a réuni les principales associations de médias du pays, a permis aux professionnels du secteur de discuter des défis majeurs auxquels fait face la presse guinéenne. Parmi les sujets phares figurait notamment le débat autour de l’élaboration d’une convention collective, considérée comme une nécessité urgente pour la structuration du métier.
S’adressant à la jeune génération de journalistes, Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a exprimé sa fierté de voir une relève engagée et motivée :
« Je voudrais vous faire une prière : ne laissez pas cette profession aller à la dérive. Vous qui êtes dans cette salle, et ceux qui vous ressemblent mais qui n’y sont pas, je vous confie la presse. Faites-en ce qu’il faut. Faites comme dans les salles de rédaction : dites les choses en face, puis allez prendre le café ensemble », a-t-il lancé.
Il a poursuivi avec un appel fort à la solidarité envers les jeunes journalistes en difficulté :
« Il y a beaucoup de jeunes talentueux qui n’ont pas de ressources. Parfois, ils n’ont pas le choix. Ils subissent. La convention collective devra venir régler cette question. Les entreprises de presse doivent se constituer et être capables, au minimum, de payer les salaires des journalistes. Ne faites pas des journalistes des mendiants. Ne les exposez pas à des pratiques contraires à l’éthique, comme la corruption. »
Interrogé sur la question récurrente des fermetures de médias, le président de la HAC a précisé :
« La HAC ne s’est jamais prononcée sur ce sujet. La raison est simple : les patrons des médias fermés ont saisi la Cour suprême. C’est désormais une affaire entre eux et l’Agent judiciaire de l’État. Tant que la Cour n’aura pas rendu son arrêt, personne ne peut intervenir. »
Boubacar Yacine Diallo n’a pas non plus mâché ses mots à l’encontre de certains journalistes se réclamant de l’investigation :
« Je vais être clair : certains individus s’autoproclament grands chroniqueurs ou journalistes d’investigation. Moi, je n’ai pas de gêne à dire que je fais partie de ceux qui ont lancé l’investigation en Guinée. Ce qu’ils font aujourd’hui, ce n’est ni de l’investigation, ni du journalisme. Et ces personnes-là, qu’on se le dise, n’auront pas la carte de presse. »
Il a d’ailleurs conclu par une annonce ferme
« Tout journaliste ne disposant pas de la carte de presse délivrée par la HAC à partir du 1er juillet ne sera pas autorisé à couvrir les manifestations publiques. »
Un message clair, qui souligne la volonté de la HAC de mieux encadrer la profession, tout en mettant en garde contre les dérives.
Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com