Cour d’Appel de Conakry : Prestation de serment de nouveaux Magistrats et Greffiers formés au CFJ

Le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) a enregistré une cérémonie significative ce vendredi 16 mai 2025, marquant la prestation de serment de la 7ème promotion des auditeurs de justice, forte de 101 membres, et de la 6ème promotion des élèves greffiers, composée de 98 professionnels. Cet événement, présidé par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kaïraba KABA, symbolise un renouveau attendu au sein de l’appareil judiciaire guinéen. La cérémonie s’est déroulée en présence de personnalités de haut rang, dont le Premier Président de la Cour Suprême et le représentant du président du Conseil National de la Transition (CNT), ainsi que des auxiliaires de justice et de nombreux invités.

 

 

Ces futurs acteurs de la justice ont été recrutés en 2023 à l’issue d’un processus de sélection rigoureux. Leur parcours de formation de deux années au CFJ a combiné un enseignement théorique approfondi avec une immersion pratique essentielle. Ils ont ainsi pu appréhender les réalités du terrain en effectuant des stages au sein des juridictions, des services d’enquête de la police et de la gendarmerie, à la maison centrale de Conakry, ainsi que dans des études de notaires, d’huissiers et d’avocats. Cette approche holistique vise à les préparer au mieux aux défis et aux responsabilités qui les attendent.

 

 

Dans une interview accordée aux médias présents, le ministre Yaya Kaïraba KABA a souligné l’importance de cette cérémonie dans un contexte de déficit d’effectifs au sein de la justice, exacerbé par les départs à la retraite. Il a salué la vision du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, qui a permis ces recrutements et ces formations pour combler ce manque crucial.

 

Yaya Kaïraba Kaba, le Garde des Sceaux, ministre de la justice et des Droits de l’Homme

 

 

« Il s’agit de la sortie de deux promotions, deux grandes promotions, de magistrats et de greffiers. Comme vous l’avez dit, le constat en termes d’effectifs n’est pas très reluisant. Avec les mises à la retraite, le départ massif à la retraite depuis la Cour suprême jusqu’à certaines juridictions de base, ça nous crée des trous. Mais heureusement, avec la vision du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya nous avons aujourd’hui la possibilité de procéder à des recrutements, à des formations pour absorber ce déficit. Cette journée est une journée historique qui consacre cet exercice. Avec 101 magistrats, 100 greffiers, et déjà le compte. S’il n’est pas bon, il est quand même acceptable. Sans compter que très prochainement, nous allons procéder à de nouveaux recrutements. L’arrêté conjoint est en cours de formalité, ça suit les formalités.» , a-t-il déclaré, annonçant par ailleurs de prochains recrutements grâce à un arrêté conjoint en cours de finalisation. Le ministre a tenu à remercier le Président de la République pour son soutien constant à la justice, qu’il a qualifiée de « Boussole » de la nation.

« L’arrêté conjoint est signé par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, le ministre des Finances et le ministre du Budget. Et très bientôt, nous allons procéder à un autre recrutement. C’est le lieu et le moment. De remercier la volonté politique exprimée par M. le Président de la République, qui, dès longtemps, a placé sa confiance en la justice, en la qualifiant de Boussol. Depuis, il n’est jamais loin des activités de la justice. Il a l’œil sur nous en termes de formation, en termes d’infrastructure, à tout moment. Il suffit simplement que nous exprimions le besoin. Il est à notre écoute et il nous a toujours donné satisfaction. »

Namory Fofana, l’un des nouveaux magistrats, a exprimé sa joie et la conscience de la « grande responsabilité » qui incombe à cette nouvelle génération. Il a affirmé leur détermination à travailler aux côtés de leurs aînés pour « élever le niveau de la justice » et répondre aux « besoins pressants de la population ».

 

 

« Je commence par exprimer ma joie à la suite de cette prestation de serment, formalité obligatoire pour accéder à cette noble profession qu’est celle de magistrat. À la suite de cela, je relève que la responsabilité est grande, surtout quand on est jeune et qu’on accède à l’une des professions les plus nobles comme celle de magistrat. Les attentes sont nombreuses, mais auprès de nos aînés, nous comptons nous exercer pour élever le niveau de la justice et pour répondre aux besoins pressants de la population, ce besoin de justice qui a existé et qui existe encore. Nonobstant les efforts immenses de nos aînés, nous nous joindrons à eux afin de redorer davantage le blason de cette justice. »

 

 

Le Directeur Général du CFJ, Alhassane Naby Camara, a mis en lumière le caractère exceptionnel de cette formation, notamment l’intégration d’un séjour d’immersion au Camp des Opérations de Maintien de la Paix (CEOMP), une première visant à sensibiliser les futurs professionnels aux enjeux de la discipline et des missions de paix. Il a rappelé aux nouveaux assermentés la portée symbolique de leur serment, les engageant à incarner les valeurs de « transparence, de dignité, d’intégrité et d’équité » dans l’exercice de leurs fonctions.

 

Alhassane Naby Camara, Directeur Général du Centre de Formation Judiciaire (CFJ)

 

 

« À compter de ce jour, vous vous engagez à servir la justice avec impartialité, à défendre les droits de chaque citoyen et à contribuer activement à l’essor de notre système judiciaire. Vous porterez avec fierté la responsabilité de respecter et de faire respecter la loi, de garantir que chaque décision rendue soit guidée par l’équité et le respect des droits humains. Ayez toujours à l’esprit que Dieu et les hommes vous observent ; sachez que le pauvre et l’orphelin n’ont d’autre défenseur que vous, vous êtes leur espoir, chers greffiers, chers collègues magistrats. Après avoir subi la rigueur de la formation, développé votre curiosité intellectuelle et votre éthique professionnelle, vous avez la lourde responsabilité de dire le droit au nom du peuple de Guinée et de garantir la mémoire de la justice. » a-t-il insisté.

Cette prestation de serment marque une étape cruciale pour le renforcement du système judiciaire guinéen.

 

L’arrivée de ces nouveaux magistrats et greffiers, formés avec rigueur et conscients de leurs responsabilités, offre une perspective d’amélioration significative dans la quête d’une justice plus équitable et accessible pour tous les citoyens.

Mohamed Lamine Kaba, Directeur Général Adjoint du Centre de Formation Judiciaire (CFJ)

 

Les attentes sont fortes, mais l’engagement affiché par cette nouvelle génération et le soutien politique réaffirmé laissent entrevoir un avenir plus serein pour l’état de droit en Guinée.

 

 

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com