Pour la première fois depuis longtemps, une brise d’approbation a soufflé du côté du mouvement syndical guinéen en direction du régime en place. Le 21 avril dernier, lors d’un rassemblement significatif, l’inter-centrale syndicale a publiquement salué les initiatives entreprises par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) dans le secteur crucial de l’éducation. Cette prise de position, bien que positive, n’a pas empêché l’organisation syndicale de soulever des préoccupations importantes auprès du gouvernement de transition.
Face aux interrogations suscitées par ce soutien inattendu, Aboubacar Soumah, figure emblématique du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), a tenu à clarifier les motivations profondes derrière cette démarche. Le 24 avril, il a exposé avec conviction les raisons qui ont conduit le monde syndical à cette rare manifestation d’appui :
« C’est à la suite d’analyses profondes et objectives que nous avons décidé de nous déplacer. C’est la première fois, depuis que je suis syndicaliste, que je me rends quelque part pour soutenir les acquis d’un régime. Et ce n’est pas sous la contrainte. Les années passées, sous le régime d’Alpha Condé, lorsque le département nous a convoqués au Palais du Peuple pour aller soutenir le régime, j’ai refusé. J’ai dit que je ne soutiens pas un gouvernement qui emprisonne les enseignants, qui refuse de négocier avec nous et qui bloque les salaires des travailleurs. Mais cette fois-ci, je m’y suis rendu avec tout le bureau du syndicat. Nous avons mobilisé, distribué des t-shirts à tous les enseignants et les avons invités à se rassembler pour magnifier et célébrer les acquis du gouvernement. Ce que recherche un syndicaliste, c’est le dialogue. Or, ce régime a ouvert le dialogue dès son avènement. »
Soumah a ensuite développé les aspects concrets des avancées initiées par le CNRD en matière de dialogue social :
« Ils ont œuvré pour que toutes les organisations syndicales soient unifiées. Dans le cadre des négociations, depuis leur arrivée au pouvoir, chaque année, le mouvement syndical est convié à des discussions qui aboutissent à des conclusions satisfaisantes. À la suite de ces négociations, il y a eu quelques bonifications de salaires. C’est un régime qui a véritablement ouvert le dialogue. »
Ainsi, la voix d’Aboubacar Soumah porte un message clair : ce soutien inédit du syndicat au CNRD est le fruit d’une reconnaissance des efforts tangibles en matière de dialogue social et d’amélioration des conditions dans le secteur de l’éducation. Reste à voir si cette dynamique positive se maintiendra et portera ses fruits à long terme pour les travailleurs guinéens.
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