Procès en appel d’Aliou Bah : son avocat dénonce une « mascarade organisée » pour empêcher un procès public
Pour la troisième audience de son procès en appel, Aliou Bah, président du parti MoDel, s’est présenté au tribunal sans ses militants ni la presse. Pourtant, la salle d’audience était pleine. Un fait qui a suscité l’indignation de ses avocats, qui accusent le parquet d’avoir délibérément mobilisé des personnes étrangères au dossier pour empêcher l’accès du public légitime et de la presse.
Maître Galissa Hady Diallo, l’un des avocats d’Aliou Bah, dénonce une manœuvre destinée à contourner la décision du juge, qui avait pourtant refusé la demande de huis clos lors de l’audience précédente.
« Il vous souviendra que lors de la dernière audience, le parquet général avait demandé le huis clos, ce que le juge avait catégoriquement refusé. Aujourd’hui, au lieu de respecter cette décision, ils ont trouvé un autre stratagème pour saboter l’audience publique », a-t-il déclaré devant les journalistes.
Selon lui, dès 7 heures du matin, des jeunes ont été amenés pour remplir la salle avant l’arrivée du public et des journalistes.
« À notre arrivée, la salle était totalement remplie. C’est cet argument qu’ils ont utilisé pour interdire l’accès à la presse, aux militants, et aux proches d’Aliou Bah. Cela signifie deux choses : d’abord, nous, avocats, n’étions pas en sécurité. J’ai demandé à l’un de ces jeunes s’il appartenait à un cabinet d’avocats, il m’a répondu : « Qu’est-ce qu’un cabinet d’avocats ? » Ce sont des gens qui n’ont rien à voir avec cette affaire. Ensuite, cela met également en danger la sécurité de notre client, Aliou Bah. Nous ne savons pas qui sont ces gens, ni leurs intentions. »
Maître Diallo soupçonne également le parquet de vouloir provoquer des incidents afin de justifier une décision de huis clos.
« Leur objectif est clair : faire entrer tout le monde dans la même salle, provoquer un incident, puis dire ‘vous voyez, on avait demandé le huis clos, vous avez refusé, voilà le résultat’. »
L’avocat déplore également les conditions imposées aux avocats et aux journalistes. Selon lui, les téléphones et les blocs-notes ont été interdits à l’intérieur de la salle.
« On nous a demandé de laisser nos téléphones à l’extérieur, alors que ce sont nos outils de travail. Même les journalistes ne pouvaient pas entrer avec leurs téléphones. On leur a dit d’entrer uniquement avec des bloc-notes. Mais dans ces conditions, comment faire un compte rendu fidèle de l’audience ? C’est du jamais vu. »
Face à cette situation, les avocats ont décidé de boycotter l’audience.
« On leur a dit clairement que nous ne pouvions pas cautionner cette mascarade. » Pour Maître Diallo, toutes ces manœuvres visent à retarder l’examen du fond du dossier. Comme je l’ai déjà dit, tout ce qu’ils cherchent, c’est de gagner du temps, en multipliant les incidents. Ils ne veulent pas aller au fond de l’affaire. »
Il affirme avoir discuté avec leur client, Aliou Bah, pour convenir d’une stratégie face à ce qu’il qualifie de « scandale judiciaire ».
« Si le parquet veut le huis clos à tout prix, qu’il le fasse. Mais que tout le monde — vous les médias, nous les avocats, et le public comprenne bien ce qui est en train de se passer : un refus d’affronter le fond, dissimulé derrière une série d’incidents. Nous ne pouvons pas être complices de cette mascarade. »
Morikè Kaba pour lerenifleur224.com