Bissandougou / Kankan: Conflit entre agriculteurs et éleveurs : la colère monte, plusieurs agriculteurs arrêtés ainsi que le sotikemo

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Vêtues de foulards rouges en signe de contestation, ces manifestantes ont dénoncé les pertes agricoles causées par les bœufs et exigé le départ des éleveurs ainsi que la libération de plusieurs membres de leur communauté, arrêtés par les autorités locales.

L’une des manifestantes a exprimé son indignation

 

 

 

« Ce sont les Peuls maliens qui nous fatiguent avec leurs bœufs ! Cela fait plus de quatre ans que nous leur demandons d’arrêter. L’an dernier, leurs bêtes ont détruit nos rizières. On nous avait promis une compensation de 1 800 000 francs, mais nous n’avons jamais rien reçu. Cette année encore, ils recommencent ! La nuit, ils laissent leurs bœufs en liberté et ils viennent manger nos récoltes ! »

Une autre manifestante a mis en cause l’inaction des autorités locales

 

 

« Nous avons saisi plusieurs fois le sous-préfet, mais il ne fait rien. Depuis plus de quatre ans, il refuse de régler ce problème. Cette année, les éleveurs lui ont donné de l’argent pour qu’il ne dise pas la vérité ! On nous a dit de capturer et d’abattre les bœufs qui ravagent nos cultures. Nous en avons tué quatre. Hier, le sous-préfet est venu avec une délégation et a arrêté notre Sotikemo et d’autres personnes. C’est pour cela que nous sommes révoltées ! »

Face à la colère des manifestantes, le préfet de Kankan, le général Kandia Mara, a tenté d’apaiser la situation. Il a rappelé que la justice ne devait pas être rendue par la population elle-même et a promis la libération des personnes arrêtées.

 

 

« La transhumance est actuellement interdite en raison du début de la saison des cultures. Malheureusement, un grand troupeau venu de Kérouané a traversé la sous-préfecture de Tintinwoulen, ce qui a entraîné la colère des habitants. Certains se sont fait justice eux-mêmes en abattant des bœufs et en emportant la viande. Nous avons envoyé des autorités locales pour enquêter, mais elles ont été bloquées par une foule en colère. Nous avons donc convoqué le Sotikemo et les représentants de la jeunesse pour qu’ils s’expliquent. »

Le préfet a insisté sur la nécessité de respecter les lois et a promis de trouver une solution

« Si le sous-préfet n’a pas réagi à temps, les habitants auraient dû saisir directement la préfecture. J’ai demandé aux manifestantes de retourner dans leur village en leur assurant que je trouverai une solution juste. »

Satisfaites de ces promesses, les manifestantes ont exprimé leur soulagement et remercié les autorités :

« Le préfet nous a rassurées. Il a promis que nous ne souffrirons plus à cause des bœufs. Que Dieu le bénisse ! »

 

 

Selon les dernières informations, une approche serait en cours pour résoudre ce conflit de manière durable.

 

De Kankan, Kadija Kolou Condé pour lerenifleur224.com