Conflit immobilier à Kaloum : Un  célèbre avocat au cœur d’une affaire de loyers impayés

Ce lundi 24 mars 2025, un groupe de femmes en colère a organisé un sit-in devant le cabinet de l’avocat Me Dinah Sampil, situé à Almamya, dans la commune de Kaloum. Munies de foulards rouges et de pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans tels que « Locataire illégal, dégagez de notre maison ! » et « Un avocat qui abuse de son statut pour harceler les citoyens guinéens ! », elles sont venues soutenir Ramatoulaye Sangaré, la propriétaire des lieux.

Ramatoulaye Sangaré accuse Me Dinah Sampil de ne pas avoir payé son loyer depuis deux ans.

 

 

« La maison où il a installé son cabinet appartient à mes parents et à mes grands-parents », a-t-elle déclaré, visiblement émue. « Cela fait deux ans qu’il occupe les lieux, alors que son contrat a expiré depuis longtemps et qu’il refuse de payer le loyer. »

Selon Mme Sangaré, sa famille a demandé à plusieurs reprises à l’avocat de quitter les lieux, mais il a refusé et a même créé des tensions.

« Il a insulté ma mère et moi. J’ai même une vidéo où il profère des injures. C’est inadmissible », a-t-elle confié, dénonçant une situation qu’elle juge injuste. Elle accuse également Me Sampil d’abuser de son statut d’avocat pour entraver ses démarches auprès des autorités.

« Partout où je porte plainte, il intervient, donne sa version, et on refuse de m’écouter. Cela dure depuis deux ans. »

Ramatoulaye Sangaré affirme avoir saisi plusieurs institutions, notamment le bâtonnier, le procureur de Kaloum et la gendarmerie, mais sans succès. « Rien n’a changé, tout est bloqué », a-t-elle déploré. Elle précise que Me Sampil doit 3,5 millions de francs guinéens par mois, soit un total de deux ans d’arriérés de loyers, ce qui rend la situation intenable pour elle et sa famille.

 « Nous avons décidé de fermer aujourd’hui, car le contrat est expiré et il refuse de partir. » Elle rappelle également être la seule représentante légale de la famille pour gérer les biens et estime que Me Sampil n’a plus aucun droit d’occuper la maison.

« Il n’est ni héritier, ni cohéritier. Il ne fait pas partie de la famille. S’il y avait un problème interne, nous l’aurions réglé en famille, mais lui, en tant que locataire, il n’a rien à voir avec ça. »

 

 

Cette affaire met en lumière un conflit qui dure depuis deux ans et qui oppose une propriétaire à un avocat. Les accusations portées contre Me Dinah Sampil sont graves et soulèvent des questions sur l’éthique et le respect de la loi. L’issue de cette affaire dépendra de la capacité des autorités à faire respecter les droits de chacun et à rétablir la justice.

 

 

Par Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com