Enseignement Supérieur : « Les enseignants-chercheurs PhD dénoncent les inégalités salariales dans les universités guinéennes »
Les 50 enseignants titulaires de doctorat (PhD) recrutés pour réduire le déficit de personnel qualifié dans les universités guinéennes dénoncent une gestion inéquitable des salaires au sein des institutions d’enseignement supérieur du pays. Les établissements d’enseignement guinéens continuent d’être le théâtre de revendications liées au non-respect des engagements pris par les autorités envers les enseignants en exercice.
Recrutés en octobre 2024 pour répondre à l’insuffisance d’enseignants-chercheurs qualifiés dans les institutions universitaires, les 50 docteurs nouvellement intégrés à la fonction publique dénoncent le non-paiement de leurs salaires.
Par la voix de leur porte-parole, Dr Siba Théodore Korovogui, ils expriment leur frustration :
« Aujourd’hui, nous avons décidé de prendre nos responsabilités pour attirer l’attention des plus hautes autorités sur cette injustice systémique qui nous affecte profondément, nous, enseignants-chercheurs. »
Malgré leur volonté de dialogue, ces enseignants-chercheurs disent être confrontés à une absence de réponses concrètes.
« Nous avons rencontré le ministre Alpha Bacar Barry dans son bureau, à son initiative. Nous lui avons également adressé une lettre dans laquelle nous rappelons ses promesses non tenues. Nous avons même proposé des solutions concrètes pour réparer ces injustices. Malheureusement, la seule réponse que nous avons obtenue est un article de presse diffamatoire et plein de contre-vérités, publié par un fonctionnaire du BSD », déclare Dr Théodore.
Les enseignants dénoncent également une discrimination salariale flagrante entre enseignants guinéens et étrangers dans les universités. Ces derniers perçoivent des salaires jusqu’à trois fois plus élevés, alors qu’ils remplissent les mêmes fonctions et disposent des mêmes qualifications.
« Aucun responsable n’a été capable de justifier pourquoi deux enseignants ayant le même diplôme, ayant réussi le même concours et soumis au même cahier de charges perçoivent des salaires aussi différents, si ce n’est le fait que les uns sont guinéens et les autres étrangers », ajoute Dr Siba Théodore.
Depuis leur prise de fonction officielle en octobre 2024, ces enseignants-chercheurs n’ont reçu aucun salaire, malgré l’accueil initial du Premier ministre, Oury Bah, et du ministre Alpha Bacar Barry à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry.
Tout en restant en poste, ils posent un ultimatum. Si la situation n’est pas régularisée d’ici le 15 janvier 2025, ils se disent prêts à suspendre leurs obligations académiques.
Morikè Kaba, pour Lerenifleur224.com