Ange Gabriel Haba sur la sortie du préfet de Kankan : »Si cet acte demeure impuni, nous, en tant qu’acteurs de la société civile, ne pouvons plus nous en sentir rassurés… »
Les réactions continuent de se multiplier après la sortie du préfet de Kankan proférant des menaces de mort à l’encontre de tout citoyen qui tentera de saboter l’effigie du président. Des propos qu’a dénoncé Ange Gabriel Haba, Secrétaire Exécutif du Conseil National des Organisations de la Société Civile avant de déplorer l’inaction de la justice et du CNRD.
« On prétend que la justice est la boussole de la transition. Pourtant, jusqu’à ce jour, le procureur de la République n’a pas daigné se saisir de cette affaire pour engager des poursuites contre ce préfet. Une telle inertie ne garantit en rien l’État de droit et soulève des doutes quant aux engagements pris devant le peuple. Si cet acte demeure impuni, nous, en tant qu’acteurs de la société civile, ne pouvons plus nous en sentir rassurés. C’est pourquoi nous interpellons le CNRD. Bien que le président de la République semble animé d’une réelle volonté de bien faire, ceux qui agissent en son nom lui créent des problèmes et ternissent son image, » a-t-il affirmé avec fermeté.
Cet acteur de la société civile pense que la société civile doit se constituer en partie civile si seulement les autorités compétentes ne se saisissent de l’affaire.
« Nous allons nous constituer en partie civile, nous allons poursuivre le préfet, et si les autorités centrales empêchent que le préfet soit poursuivi, nous allons tirer toutes les conséquences. Il ne faut pas que le CNRD crée le divorce entre eux et la société civile, parce que depuis qu’ils sont là, ils ont bénéficié de l’accompagnement de la société à cause des réformes qu’ils ont engagées », dira Ange Gabriel Haba.
Bien que Ange Gabriel Haba désapprouve les attaques contre l’effigie du chef de l’Etat, il s’oppose également à toute forme d’atteinte à la vie d’un individu au détriment de la justice
« En réalité, les organisations de la société civile doivent se constituer partie civile pour poursuivre le préfet, et si les autorités centrales s’opposent à cette action, il faut en tirer toutes les conséquences. Il est impératif que le CNRD ne crée pas un fossé entre lui et la société civile, car depuis leur arrivée, ils ont bénéficié du soutien de cette dernière en raison des réformes engagées. Nous ne tenons pas à juger les actions individuelles, mais à évaluer les engagements et les résultats observés sur le terrain, » a déclaré Ange Gabriel Haba.
Dans un communiqué lu à la télévision d’État ce vendredi 04 octobre 2024, le parquet général près la Cour d’Appel de Kankan, a expliqué les causes de la mort du médecin avant d’inviter les administrateurs locaux, à s’abstenir de tout propos pouvant alimenter la confusion au sein de l’opinion.
Pour rappel, Mohamed Dioubaté, chef service pédiatrie de l’hôpital régional de Kankan, a été retrouvé mort dans sa cellule, quelques semaines après avoir été accusé de brûler l’effigie du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya.
Mimi Bangoura, pour lerenifleur224.com