Communication et économie numérique : « Nous avons un câble sous-marin qui est en fin de vie. Si celui-ci tombe en panne, c’est tout le pays qui risque d’être coupé » alerte le Secrétaire général Souleymane Thianguel Bah.
À l’occasion d’une session de travail avec les membres de la commission chargée de la communication et des technologies de l’information de l’Assemblée nationale, ce mardi 27 octobre 2026 le secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Souleymane Thianguel BAH , a exposé les principales difficultés auxquelles son département est confronté, notamment le manque de financements destinés aux médias publics, la vétusté des équipements de la RTG et les risques liés à la connectivité numérique.

A l’issue de cette rencontre , le secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Souleymane Thianguel Bah, a attiré l’attention des représentants nationaux sur les défis structurels et financiers auxquels son département fait face. Il a notamment insisté sur la nécessité d’accorder une attention particulière au secteur de la communication, qu’il estime trop souvent relégué au second plan dans les priorités d’investissement public.
Pour Souleymane Thianguel Bah, la communication constitue un levier essentiel de développement, au même titre que les infrastructures routières, les établissements scolaires et les structures sanitaires. Selon lui, au-delà de la construction des infrastructures, il est indispensable de permettre aux citoyens de comprendre les investissements réalisés par l’État, de connaître leur importance et de disposer des informations nécessaires à leur entretien.
« Très souvent, dans notre pays, on a tendance à poser les questions d’infrastructures. Il faut construire des routes, des écoles et des hôpitaux, mais on ne s’interroge pas suffisamment sur la manière dont tout cela doit être connu », a-t-il souligné, rappelant que l’information permet également aux populations de mieux comprendre les efforts financiers et matériels consentis par les pouvoirs publics.
Parmi les principales préoccupations soulevées figure la situation des médias publics, notamment la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) et la radio rurale. Le secrétaire général a déploré les difficultés rencontrées par ces structures pour assurer leurs missions, en raison notamment de ressources qu’il juge insuffisantes au regard de leurs besoins.
Il a particulièrement insisté sur le rôle stratégique de la RTG, considérée comme une vitrine de la Guinée, qui nécessite des investissements conséquents pour améliorer ses capacités techniques et renforcer son rayonnement à l’échelle nationale et internationale.
Le responsable a également évoqué les difficultés de fonctionnement du quotidien national, dont la parution serait limitée, ainsi que celles de la radio rurale, qui dispose de plus de 30 stations réparties sur le territoire national et contribue à relayer la parole des pouvoirs publics jusque dans les localités les plus éloignées.

« Comment faire pour qu’un journal censé être quotidien puisse exister au-delà de la parution hebdomadaire qu’il connaît aujourd’hui ? Comment permettre à la radio rurale, qui dispose de plus de 30 stations à travers le territoire national, de continuer à remplir sa mission ? », s’est-il interrogé.
Pour lui, la répartition des ressources doit davantage tenir compte des besoins spécifiques de ces structures, dont le fonctionnement est indispensable à la diffusion de l’information publique et à la couverture médiatique des activités nationales.
Cette insuffisance de moyens se répercute également sur la couverture des événements officiels. Selon Souleymane Bah, la direction de la RTG se retrouve régulièrement confrontée à des choix difficiles lorsqu’il s’agit de sélectionner les activités à diffuser, alors que les différentes institutions et administrations souhaitent bénéficier de la visibilité offerte par les médias publics.
Il estime ainsi que les pouvoirs publics doivent mettre à la disposition de ces médias les moyens nécessaires pour leur permettre d’assurer pleinement leurs missions.
Le secrétaire général a également évoqué les difficultés techniques auxquelles la RTG est confrontée au quotidien. Il a notamment fait état de problèmes récurrents liés aux équipements et à l’absence de redondance suffisante des installations, un dispositif pourtant essentiel pour assurer la continuité du service en cas de panne.
À titre d’exemple, il a rappelé un incident survenu lors d’une interruption de la diffusion télévisée autour de minuit, qui a nécessité l’intervention des équipes techniques en pleine nuit afin de tenter de rétablir le signal.
Cette situation, selon lui, illustre l’urgence de renforcer les capacités techniques du média public, notamment par le renouvellement des équipements et la mise en place de solutions de secours permettant de limiter les interruptions de service.
Au-delà des médias, Souleymane Bah a attiré l’attention sur la vulnérabilité des infrastructures numériques du pays. Il a notamment alerté sur l’état du câble sous-marin actuellement utilisé pour assurer une partie essentielle de la connectivité internationale de la Guinée.
Selon lui, cette infrastructure arrive en fin de vie, ce qui représente un risque important pour le fonctionnement de nombreux services dépendant d’Internet.
« Nous avons un câble sous-marin qui est en fin de vie. Si celui-ci tombe en panne, c’est tout le pays qui risque d’être coupé », a-t-il averti.
Le responsable a souligné les conséquences qu’une interruption, même de quelques secondes ou de quelques minutes, pourrait entraîner sur les activités économiques et administratives, notamment les opérations bancaires et les différents services numériques indispensables au fonctionnement du pays.
Il a ainsi plaidé pour une prise en compte sérieuse de cette problématique et pour des investissements permettant de sécuriser les infrastructures de télécommunications et de prévenir les risques d’interruption généralisée de la connectivité.
Dans son intervention, Souleymane Thianguel Bah a également mis l’accent sur le potentiel de l’économie numérique dans la croissance économique de la Guinée. Il a estimé que ce secteur peut contribuer à renforcer le produit intérieur brut (PIB) et à créer de nouvelles sources de revenus pour l’État.
Toutefois, cette ambition nécessite, selon lui, des investissements conséquents dans les infrastructures numériques, mais également dans l’innovation et le financement des initiatives entrepreneuriales.
Il a notamment évoqué la nécessité de soutenir les start-up intervenant dans différents domaines, dont l’agriculture et d’autres secteurs d’activité, afin de favoriser l’émergence de solutions numériques adaptées aux besoins du pays.
Le secrétaire général a par ailleurs rappelé que plusieurs départements ministériels développent ou souhaitent développer des outils numériques dans leurs domaines respectifs, notamment la santé. Cependant, il a souligné que ces initiatives ne peuvent produire les résultats escomptés sans des infrastructures de télécommunications fiables et accessibles.
« Tous les départements peuvent développer les outils numériques qu’ils veulent, mais si nous n’avons pas les infrastructures à mettre à leur disposition, aucun de ces départements ne pourra faire fonctionner correctement ses outils digitaux », a-t-il expliqué.
Pour lui, le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation doit donc bénéficier d’une attention particulière, compte tenu de son rôle transversal dans la modernisation de l’administration, le développement des services numériques et la transformation de l’économie nationale.
Souleymane Bah a indiqué que les difficultés évoquées constituent des préoccupations récurrentes au sein du cabinet de son département. Il a expliqué que cette rencontre avec les membres de la commission parlementaire visait notamment à porter ces préoccupations auprès de la représentation nationale, afin qu’elles puissent être relayées aux autorités compétentes.
Il a insisté sur la nécessité d’un traitement adapté aux spécificités de son département, au regard de l’importance de ses missions et de son rôle dans le développement du pays.
En réponse à ce plaidoyer, le président de ladite commission Ousmane Dady Camara a assuré que les membres de la commission feraient de leur mieux pour transmettre les préoccupations exprimées et accompagner le département dans la recherche de solutions.

« Effectivement, nous allons faire de notre mieux pour que la population guinéenne soit mise à l’aise. Nous allons porter votre message à qui de droit, c’est-à-dire au peuple, mais aussi vous accompagner », a-t-il déclaré.
Cette rencontre aura ainsi permis de mettre en lumière plusieurs défis majeurs du secteur de la communication et de l’économie numérique en Guinée, notamment le financement des médias publics, la modernisation des équipements, la sécurisation de la connectivité et le développement de l’innovation. Autant de chantiers qui nécessitent des investissements adaptés pour renforcer la qualité du service public de l’information et accélérer la transformation numérique du pays.
Par Amy Camara, pour lerenifleur224.com