Infrastructures routières : la Guinée mobilise 300 millions d’euros pour l’axe Labé-Tougué

Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté, ce samedi 17 octobre 2026, la convention de financement destinée à la construction et au bitumage de la route nationale Labé-Tougué, ainsi que de la bretelle Banti-Koubia. Ce projet d’infrastructure routière, dont le financement repose sur une facilité de 300 millions d’euros, vise à améliorer la circulation des personnes et des marchandises entre plusieurs préfectures de la Moyenne-Guinée et de la Haute-Guinée.

 

 

La séance plénière était présidée par le président de l’institution parlementaire, Dr Dansa Kourouma, en présence de membres du gouvernement et de plusieurs personnalités invitées.

Présentant le rapport de la Commission des Affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération, le rapporteur général, l’honorable N’Gouamou Fabara Koné, a mis en avant les enjeux économiques et sociaux de ce projet, considéré comme un levier important pour le désenclavement des localités concernées et le renforcement des échanges interrégionaux.

Le projet prévoit la construction et le bitumage de 148,860 kilomètres sur l’axe Labé-Tougué, auxquels s’ajoutent 11,443 kilomètres pour la bretelle Banti-Koubia. Les travaux comprennent également la construction d’un pont de 200 mètres linéaires sur le fleuve Bafing.

Selon le rapport soumis aux députés, ces infrastructures constituent des axes stratégiques reliant plusieurs localités des régions de la Moyenne-Guinée et de la Haute-Guinée. Elles desservent notamment les préfectures de Labé, Tougué, Koubia, Dinguiraye et Siguiri.

La commission relève que la dégradation avancée des routes concernées entrave les activités économiques et sociales des populations riveraines. Elle complique notamment le transport et l’évacuation des produits agricoles et pastoraux, alors que les zones traversées figurent parmi les principaux bassins de production agropastorale du pays.

La réalisation de ces travaux devrait ainsi faciliter les déplacements, améliorer l’acheminement des marchandises, stimuler les échanges commerciaux et favoriser l’accès des populations aux services sociaux de base.

Le coût global du projet est évalué à 289,55 millions d’euros. La majeure partie de cette enveloppe sera consacrée aux travaux de construction de la route, estimés à 223,09 millions d’euros.

La construction du pont sur le fleuve Bafing représente, quant à elle, un investissement de 14,58 millions d’euros.

Le plan de financement prévoit également 6,488 millions d’euros pour le contrôle et la supervision des travaux, 6,034 millions d’euros pour l’appui institutionnel et 3,512 millions d’euros pour les mesures sociales et environnementales.

Une enveloppe supplémentaire de 11,93 millions d’euros est destinée aux aménagements connexes. Ceux-ci comprennent notamment la construction d’un poste de péage à huit voies et l’aménagement de la voirie urbaine de Kollet.

Par ailleurs, une provision de 23,917 millions d’euros est prévue pour couvrir les imprévus et les éventuelles révisions de prix au cours de l’exécution du projet.

Signée le 20 juillet 2026 entre la République de Guinée et plusieurs institutions financières internationales, la convention porte sur une facilité de financement de 300 millions d’euros, frais de transaction compris.

Le montage financier repose sur deux mécanismes distincts : une ligne de crédit conventionnelle et une ligne de financement islamique de type Mourabaha.

Dans le cadre du financement conventionnel, Bank of Africa United Kingdom contribue à hauteur de 50 millions d’euros, tandis qu’AL AHLI Bank of Kuwait – DIFC apporte 30 millions d’euros.

La ligne de financement islamique est répartie entre quatre établissements financiers. Africa Finance Corporation y participe pour 100 millions d’euros, First Abu Dhabi Bank pour 75 millions d’euros, Bank of Africa – Banque Offshore pour 25 millions d’euros et ABC Islamic Bank pour 20 millions d’euros.

Les modalités financières prévoient notamment une marge annuelle de 4,15 % au-dessus de l’Euribor à six mois, conformément aux dispositions applicables aux facilités conventionnelle et islamique.

La convention prévoit également une commission d’arrangement forfaitaire de 1,35 %, ainsi qu’une commission d’engagement annuelle de 1 % sur la partie non utilisée de la facilité conventionnelle pendant la période de disponibilité des fonds.

La durée du financement est fixée à sept ans à compter du premier décaissement. Le remboursement bénéficie d’un différé de 24 mois, suivi de onze échéances semestrielles. Quant à la période de disponibilité des fonds, elle s’étend sur 36 mois.

L’exécution du projet sera confiée à la Compagnie Sahélienne d’Entreprise (CSE), dans le cadre d’un contrat EPCF intégrant la conception, la réalisation des travaux et la mobilisation du financement.

D’après le rapport de la commission parlementaire, le prêt bénéficiera également d’une assurance IEC destinée à couvrir au moins 95 % des risques politiques et commerciaux.

La construction de la route Labé-Tougué et de la bretelle Banti-Koubia s’inscrit dans les orientations du programme Simandou 2040, notamment son troisième pilier consacré aux infrastructures, aux transports et à la technologie.

À travers cet investissement, les autorités guinéennes entendent renforcer le réseau routier national, améliorer les liaisons entre les régions et soutenir le développement des activités économiques dans les zones concernées.

L’adoption de la convention de financement par les députés constitue ainsi une étape importante dans la mobilisation des ressources nécessaires à la réalisation de ces infrastructures.

À terme, le projet devrait contribuer au désenclavement des localités traversées, à la valorisation des productions agricoles et pastorales, à l’intensification des échanges commerciaux et à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines.

 

 

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