Situé dans le district de Koba Pastoria, dans la commune urbaine de Kindia, l’Institut de recherche en biologie appliquée de Guinée (IRBAG) joue un rôle essentiel dans la prise en charge des victimes de morsures de serpents venimeux. Cependant, le coût élevé des sérums antivenimeux constitue un véritable obstacle à l’accès aux soins. Une situation qui préoccupe le directeur général de l’institution, Mohamed Sahar Traoré.

Selon lui, les morsures de serpents représentent un problème majeur de santé publique, particulièrement pour les populations rurales, dont le pouvoir d’achat reste généralement faible. Le prix des sérums antivenimeux rend ainsi le traitement difficilement accessible à de nombreuses victimes.

« La problématique des morsures de serpents est un problème de santé publique extrêmement préoccupant, pour la simple raison que les populations vivant en milieu rural sont généralement les principales victimes. Ce sont aussi des populations dont le pouvoir d’achat est extrêmement faible. En même temps, si nous examinons le coût des sérums antivenimeux, nous constatons qu’ils ne sont généralement pas accessibles, même pour un fonctionnaire guinéen. Ce n’est donc pas à la portée d’une personne rémunérée au SMIG en Guinée. À titre d’exemple, le prix d’un flacon de sérum antivenimeux varie entre 60 et 80 dollars à l’achat. Il existe plusieurs espèces de serpents en Guinée, parmi lesquelles certaines sont très venimeuses. Lorsqu’une personne est victime d’une envenimation, il faut généralement entre six et huit flacons, parfois jusqu’à dix, pour la traiter. Cela signifie qu’il faut multiplier le prix de 80 dollars par six, huit, voire dix flacons. Ce coût n’est réellement pas à la portée du Guinéen. Or, il n’existe pas de mécanisme de soutien à la prise en charge des victimes de morsures de serpents, ce qui constitue une problématique extrêmement importante. Dans l’esprit des Guinéens, lorsqu’une personne est victime d’une morsure de serpent, elle doit directement venir à Pastoria pour accéder au sérum antivenimeux. C’est donc un problème très préoccupant pour nous, le personnel qui souhaite servir cette population. Nous essayons de relayer cette préoccupation auprès de la population et des autorités, parce qu’il faut comprendre que c’est à l’État de prendre ses responsabilités dans un pays », a-t-il expliqué.
Au-delà de cette difficulté, Mohamed Sahar Traoré souligne l’importance de l’IRBAG dans le système sanitaire guinéen. Selon lui, la richesse biologique du pays, qui s’accompagne également d’une grande diversité de pathogènes, justifie pleinement l’existence de cette institution spécialisée, notamment dans les domaines de la recherche, de la veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique.

« En réalité, nous connaissons tous le contexte de la Guinée. Lorsqu’on parle de notre pays, on sait qu’il est extrêmement riche, mais qu’il possède également une grande diversité biologique. Et lorsqu’on parle de diversité biologique, cela signifie aussi une diversité de pathogènes. Notre pays regorge de nombreux pathogènes, ce qui justifie la création d’une telle institution et le rôle de veille sanitaire et épidémiologique qu’elle pourrait jouer. C’est d’ailleurs l’une des missions qui lui sont dévolues », a-t-il précisé.
Face à cette situation, le directeur général de l’IRBAG lance un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté afin de faciliter l’accès aux traitements pour les victimes de morsures de serpents.

« Chacun peut apporter quelque chose pour essayer d’améliorer certaines difficultés au sein de notre système. Nous lançons donc un appel aux personnes de bonne volonté afin qu’elles contribuent à améliorer la prise en charge et à favoriser une certaine gratuité des soins pour les victimes de morsures de serpents. Naturellement, c’est à l’État de prendre les devants dans ce sens, mais les personnes de bonne volonté peuvent également contribuer à cette gratuité », a-t-il lancé.
Par Mohamed Camara, pour lerenifleur224.com
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