Fonction publique : Faya Bourouno engage la refonte des statuts pour une administration plus performante

Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a présidé, ce mercredi 7 octobre, l’ouverture d’un atelier consacré à la relecture et à l’actualisation des statuts particuliers de plusieurs cadres uniques et corps de fonctionnaires. Cette rencontre vise à adapter les textes qui régissent les différents corps aux transformations de l’administration publique, à l’émergence de nouveaux métiers ainsi qu’aux exigences actuelles en matière de performance et de qualité du service public.

Greffiers, personnels de l’éducation et de la santé, administrateurs territoriaux : plusieurs corps sont concernés par cette réforme.

 

À l’ouverture des travaux, le conseiller juridique Yamoussa Nana Camara a insisté sur l’importance de cette démarche dans le processus de modernisation de la gestion des ressources humaines de l’État.

« Je voudrais avant tout adresser mes sincères remerciements à Monsieur le ministre d’avoir pensé à organiser cet atelier et aussi à Madame la ministre de l’Administration territoriale d’avoir accepté d’honorer de sa présence le présent atelier et pour l’attention particulière que les deux ministres accordent à la modernisation de la gestion des ressources humaines », a-t-il déclaré.

Selon lui, la relecture des statuts répond à la nécessité de disposer de textes correspondant davantage aux réalités actuelles de l’administration.

« La tenue du présent atelier répond à la nécessité de disposer des statuts particuliers adaptés aux réalités actuelles de notre administration publique », a-t-il expliqué.

Ces textes constituent le socle juridique permettant de définir les spécificités des différents corps de fonctionnaires. Ils encadrent notamment les conditions de recrutement, le déroulement des carrières, les emplois et fonctions accessibles ainsi que les droits et obligations liés à l’exercice des missions.

« En effet, les statuts particuliers constituent le cadre juridique qui permet de prendre en compte les spécificités propres aux différents corps de fonctionnaires et précisent notamment les conditions de recrutement, les règles de déroulement des carrières, les emplois et les fonctions accessibles, ainsi que les droits et obligations liés à l’exercice des missions propres à chaque corps », a-t-il indiqué.

L’évolution des missions de l’État, la transformation de l’administration et l’apparition de nouveaux métiers et compétences rendent désormais nécessaire cette actualisation.

L’atelier concerne notamment les statuts particuliers des greffiers, des personnels de l’éducation, des personnels de santé et des administrateurs territoriaux. Les travaux consistent à identifier les dispositions devenues obsolètes, imprécises ou inadaptées et à vérifier leur conformité avec le statut général des agents de l’État ainsi qu’avec les autres textes législatifs et réglementaires en vigueur.

Les participants devront également prendre en compte les spécificités propres à chaque corps, harmoniser les dispositions communes et clarifier, lorsque cela s’avère nécessaire, les règles relatives au recrutement, à la carrière et à l’avancement.

« L’enjeu est donc de parvenir à un juste équilibre entre l’harmonisation nécessaire du cadre de gestion de la fonction publique et la préservation des spécificités de chaque corps », a souligné Yamoussa Nana Camara.

La méthodologie retenue repose sur une approche participative et technique. Les projets de statuts seront examinés disposition par disposition afin de relever les incohérences, les insuffisances et les éventuelles difficultés d’application.

« Les observations et propositions formulées au cours de cet atelier devront être appréciées à la lumière de trois exigences essentielles : la sécurité juridique, la cohérence administrative et l’efficacité dans la gestion des carrières des fonctionnaires », a-t-il précisé.

Le conseiller juridique a, par ailleurs, appelé les participants à s’impliquer pleinement dans les travaux afin d’aboutir à des textes juridiquement sécurisés et opérationnels.

Prenant la parole, le ministre Faya François Bourouno a mis l’accent sur la situation de certains corps qui, selon lui, ne disposent toujours pas de statuts adaptés à leurs réalités professionnelles.

« Je pense aujourd’hui à des corps dont on n’a pas de statut, ici les secrétaires qui travaillent aujourd’hui dans des conditions difficiles. Parfois, tant que le ministre ne rentre pas, le secrétaire, l’assistant est là, au bureau. Il travaille au-delà des heures réglementaires, le travail dans nos administrations publiques », a-t-il déclaré.

Le ministre a également évoqué la situation des greffiers, alors que le pays poursuit la modernisation de son système judiciaire.

« Les greffiers, quand on examine aujourd’hui le contexte dans lequel nous sommes en train de moderniser notre système judiciaire, ça appelle l’administration judiciaire. Les greffiers, qui sont des fonctionnaires aussi, à adapter leur mode de fonctionnement », a-t-il expliqué.

Pour Faya Bourouno, la révision des statuts doit s’inscrire dans la dynamique globale de modernisation de l’État et dans les ambitions du programme Simandou 2040.

« Il s’agit donc de mettre nos statuts en cohérence avec ces exigences de cette nouvelle fonction publique que nous voulons et avec les ambitions de modernisation de l’État, conformément à la vision du programme Simandou 2040 », a-t-il souligné.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer le lien entre les statuts, les emplois, les métiers, les compétences et les besoins réels de l’administration.

Dans cette perspective, il a annoncé la poursuite de l’opérationnalisation des cadres organiques des différents départements ministériels, notamment à travers l’élaboration des fiches de poste et l’affectation des agents en fonction des responsabilités qui leur sont confiées.

« C’est l’occasion pour moi d’appeler tous les hauts cadres qui sont là à se mobiliser pour aider à réussir cette campagne d’opérationnalisation des cadres organiques pour qu’à partir de l’année prochaine, on commence à évaluer le rendement de chaque agent à son poste et que les conditions d’avancement tiennent compte du rendement et non simplement du diplôme », a-t-il déclaré.

Faya Bourouno entend ainsi promouvoir une fonction publique dans laquelle l’effort et la performance seraient davantage valorisés.

« Alors que vous aviez certains agents qui font leur boulot correctement, ils travaillent parfois au-delà de leur mission. Ces personnes doivent être récompensées et la récompense n’est pas simplement une enveloppe qu’on lui donne, mais c’est aussi de dire : OK, on te donne un échelon, deux échelons pour te récompenser pour le service que vous avez bien fait et pour votre rendement. Et c’est de cela qu’il s’agit », a-t-il expliqué.

Autre chantier évoqué par le ministre : la révision du répertoire des emplois, des métiers et des compétences de la Fonction publique. Selon lui, le précédent référentiel remontait aux années 1960 et ne correspondait plus aux réalités actuelles.

« Nous avons révisé le répertoire des emplois, des métiers et des compétences. Le référentiel en vigueur datait des années 1960. Et quand vous regardez aujourd’hui l’évolution du contexte, vous allez vous rendre compte que le répertoire était complètement désuet », a indiqué Faya Bourouno.

Le nouveau répertoire intègre désormais les nouveaux métiers et les nouvelles compétences, tout en anticipant les évolutions professionnelles liées aux mutations technologiques, techniques et administratives.

« Les nouveaux métiers sont intégrés dans le nouveau répertoire. Les nouvelles compétences sont intégrées dedans et nous avons fait aussi, en tenant compte des dynamiques technologiques, techniques et même administratives, des projections sur l’évolution de chaque métier pour les trois ou cinq années à venir », a-t-il précisé.

Les nouvelles fiches de poste devront, pour leur part, préciser les compétences transversales, générales et spécifiques nécessaires à l’exercice de chaque fonction.

Pour le ministre, la relecture des statuts doit reposer sur trois principes fondamentaux : la conformité juridique, l’équité dans l’harmonisation et la performance.

« La première, c’est la conformité juridique. Il faut que tout ce que nous faisons soit parfaitement aligné et rencontre ce que notre socle juridique prévoit », a-t-il expliqué.

« La deuxième exigence, c’est l’équité dans le processus d’harmonisation. Comme je l’ai dit, ce n’est pas une compétition entre statuts particuliers, c’est une question d’adaptation, d’harmonisation et de modernisation de nos outils de travail et de gestion des ressources humaines », a-t-il ajouté.

La troisième exigence concerne la performance.

« La troisième exigence, c’est l’exigence de la performance parce qu’il faut que les statuts constituent de véritables instruments de gestion et de valorisation des compétences dans nos différentes administrations », a-t-il insisté.

Faya Bourouno souhaite également instaurer un cycle régulier de révision des statuts particuliers afin d’éviter que les différents corps n’engagent séparément leurs propres réformes.

« Il faut aussi que nous nous accordions sur un cycle de révision désormais des statuts particuliers, que ce soit un cycle standard, qui nous exige désormais la logique de révision, mais qu’un seul corps ne se lève pas pour dire : je vais réviser mon statut, mais que ça soit une dynamique collective », a-t-il déclaré.

L’atelier doit aussi contribuer à clarifier plusieurs notions liées à la gestion des ressources humaines, notamment celles de corps, d’emploi, de métier, de fonction administrative, de grade, de compétence et de parcours professionnel. Le ministre a particulièrement insisté sur le rôle des nouvelles fiches de poste dans l’accompagnement des agents au cours de leur carrière.

« Vous avez un poste avec la fiche, les compétences exigées. Si elles ne sont pas réunies, ça permet, avec le service de gestion des ressources humaines, de vous proposer un parcours de formation vous permettant donc d’atteindre le niveau des compétences requises pour mieux produire et rendre à votre poste », a-t-il expliqué.

Cette approche doit permettre de rendre les carrières plus lisibles et de mieux valoriser les compétences des fonctionnaires.

 

« Les statuts doivent ainsi contribuer à rendre les parcours professionnels plus lisibles et à mieux valoriser les compétences et à offrir aux fonctionnaires des perspectives de carrière transparentes et équitables », a affirmé Faya Bourouno.

À travers cette réforme, le gouvernement entend accompagner les ambitions nationales à l’horizon 2040 et construire une administration davantage tournée vers l’efficacité et la qualité du service public.

Le ministre a ainsi invité les participants à faire preuve de rigueur et d’ouverture dans l’examen des différents textes.

« Au terme de cet atelier, nous attendons de vous des propositions complètes, juridiquement sécurisées et suffisamment consensuelles pour permettre au gouvernement de disposer des statuts particuliers actualisés, harmonisés et adaptés aux réalités des différents corps de fonctionnaires », a-t-il déclaré.

Avant de conclure : « Notre ambition, vous le savez tous, c’est de construire une fonction publique équitable, professionnelle, attractive et davantage orientée vers la performance et la qualité de service public. » a-t-il conclu.

 

 

L’objectif affiché est désormais de faire des statuts particuliers de véritables outils de gestion des ressources humaines, capables d’accompagner l’évolution des métiers, de mieux encadrer les carrières et de soutenir la transformation de l’administration guinéenne.

 

 

Par Amy Camara,  pour Lerenifleur224.com