Après les étapes de Mamou et de Labé, le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) poursuit sa campagne nationale de vulgarisation des textes législatifs et réglementaires relatifs au droit d’auteur et aux droits voisins. Ce lundi 14 septembre 2026, la campagne a fait escale à Kindia, autour du thème : « Le rôle des autorités administratives locales dans la protection des créations artistiques et littéraires ».

La rencontre, organisée dans la salle de réunion du gouvernorat de Kindia, a réuni les autorités administratives et locales, les officiers de police judiciaire (OPJ), les DMR, ainsi que plusieurs acteurs culturels concernés par la protection des droits d’auteur.

Selon le directeur général adjoint du BGDA, Balla Sylla, cette initiative s’inscrit dans le cadre de la vulgarisation de la Loi L/028 portant sur la propriété littéraire et artistique en République de Guinée. Elle vise notamment à permettre aux autorités administratives et aux collectivités locales de mieux comprendre les textes ainsi que les règles d’application de cette législation.

Dans son intervention, il a également insisté sur la nécessité de faire émerger une nouvelle culture administrative dans laquelle le respect du droit d’auteur occupe une place importante.
« Notre ambition est de faire émerger une nouvelle culture administrative. Une culture où le droit d’auteur est intégré dans les pratiques quotidiennes de l’administration. Lorsqu’un événement culturel est organisé, la question des droits d’auteur doit être prise en compte. Lorsqu’un établissement utilise des œuvres protégées, ses obligations doivent être connues. Lorsqu’une activité commerciale exploite de la musique, des œuvres audiovisuelles ou d’autres créations, la réglementation applicable doit être respectée », a-t-il déclaré.

Pour le responsable du BGDA, il ne s’agit pas d’imposer des contraintes inutiles, mais plutôt d’instaurer des règles équitables et de favoriser la conformité.
« L’objectif n’est pas de sanctionner pour sanctionner. L’objectif premier doit être de prévenir, sensibiliser, accompagner et mettre en conformité. Mais lorsque les violations persistent et que les droits des créateurs sont délibérément méconnus, la loi doit naturellement produire ses effets », a-t-il ajouté.»
Poursuivant son intervention, le DGA a rappelé que la protection des créateurs et de leurs œuvres constitue l’une des principales priorités du Bureau guinéen du droit d’auteur.
« Protéger les créateurs et leurs œuvres. Sensibiliser les populations et les utilisateurs. Valoriser la création artistique et littéraire guinéenne. Nous voulons que cette dynamique soit nationale. Nous voulons qu’elle soit visible dans les capitales régionales comme dans les préfectures, les sous-préfectures et les communes », a-t-il souligné.
Il a également appelé à une meilleure reconnaissance des droits des créateurs à travers le pays.
« Nous voulons que le créateur, où qu’il se trouve en Guinée, sache que ses droits sont reconnus. Nous voulons également que chaque utilisateur d’une œuvre comprenne que cette utilisation s’accompagne de responsabilités. Protéger le droit d’auteur, c’est protéger le créateur. Protéger le créateur, c’est protéger notre patrimoine. Protéger notre patrimoine, c’est préserver notre identité », a-t-il poursuivi.
Pour les initiateurs, cette campagne doit permettre de renforcer la collaboration entre les autorités et les acteurs culturels afin de mieux défendre les droits des artistes et des autres créateurs.
Participant à la rencontre, Ansoumane Oularé, directeur préfectoral de l’administration du territoire et de la décentralisation de Dubréka, estime que l’initiative du BGDA est salutaire. Selon lui, la méconnaissance des textes constitue encore un obstacle à leur application.

« Je pense que c’est une très bonne initiative du BGDA, parce que nous constatons que la plupart des droits en Guinée ne sont pas suffisamment protégés. Faire de telles rencontres permet aux autorités de mieux connaître les textes législatifs relatifs au droit d’auteur. Pour faire quelque chose ou apprécier quelque chose, il faut d’abord la connaître. Si nous apprenons davantage et que nous débattons autour des textes, nous les connaîtrons mieux et nous pourrons également les appliquer plus facilement », a-t-il fait savoir.
De son côté, le directeur de cabinet du gouvernorat de Kindia, Lanfia Kouyaré, représentant le gouverneur de la région, a salué cette initiative, tout en invitant les créateurs à prendre leurs responsabilités afin de bénéficier pleinement de la protection prévue par la loi.

« Le combat pour la sauvegarde de vos droits doit être accompagné par des mesures de protection de la société. Les auteurs doivent profiter de leurs œuvres. Pour que les auteurs profitent de leurs œuvres, ils doivent aussi être responsables », a-t-il déclaré.

Il a notamment encouragé les artistes et créateurs à sortir de l’anonymat et à se faire officiellement recenser auprès du Bureau guinéen du droit d’auteur.
« Pour profiter de vos droits, vous devez accepter de refuser de vivre dans l’anonymat. Vous devez vous faire recenser officiellement. Vous devez être en relation directe avec le Bureau guinéen du droit d’auteur pour pouvoir vous permettre de vous plaindre. Mais si vous évoluez dans l’anonymat, vous ne pouvez pas bénéficier de la protection », a-t-il insisté.»

À noter qu’à travers cette campagne nationale, les initiateurs comptent sur l’accompagnement des différentes autorités administratives et locales afin de renforcer la sensibilisation sur le terrain et d’accroître l’assiette de perception du BGDA, dans le but d’assurer une protection, une valorisation et une rémunération transparentes, équitables et justes des auteurs et créateurs guinéens.
Par Mohamed Camara pour Lerenifleur224.com